Agriculture durable

 

Nourrir l'humanité. Le défi d'une agriculture mondiale durable au 21ième siècle. Ce que les organisations paysannes et la coopération québécoise nous apprennent.

Résumé

Ce texte analyse la construction d’une économie non capitaliste de marché d’organisations paysannes et coopératives du Sud avec des organisations de la coopération international (OCI) du Nord. La coopération de proximité de ces OCI fait partie des leviers pour faire face à cette crise globale, économique, sociale et écologique que la planète affronte présentement avec plus d’intensité au Sud.

Cette coopération de proximité fait également partie des alternatives qui se dévoilent de plus en plus au sein du monde paysan à la faveur de la montée d’un mouvement citoyen international. La force de proposition de ces organisations paysannes et des OCI qui les soutiennent s’enracinent dans des expériences fortes de pratiques économiques solidaires et dans le développement d’une identité professionnelle en tant qu’agriculteurs, et sociopolitique en tant que partie prenante d’un mouvement social, coopératif et/ou syndical. L’analyse s’appuie sur deux enquêtes que nous avons menées récemment sur l’OCI du mouvement coopératif, SOCODEVI et sur l’OCI des agriculteurs, UPA DI.

Coopératives agricoles et organisations paysannes au cœur du défi alimentaire mondial

La question alimentaire, dans sa dimension planétaire, est plus que jamais à l’ordre du jour dans le cadre de l’Année internationale de l’agriculture familiale (2014). Les coopératives agricoles et les organisations paysannes au Nord ont une longue, très longue histoire. Historiquement, elles se sont inscrites dans l’action collective des mouvements sociaux. Sans remonter trop loin dans le temps, nous constatons que des milliers d’organisations de ce type ont aussi vu le jour dans la plupart des pays du Sud. La donne a cependant profondément changé depuis une ou deux décennies, car ces organisations sont davantage conscientes des effets du réchauffement climatique, des conséquences d’une agriculture industriellement intensive adossée aux énergies fossiles qui elle a atteint ses limites. Ces organisations subissent aussi de plein fouet des crises alimentaires à répétition.

Dans ce contexte, partout dans le monde, des petits producteurs agricoles innovent en se donnant des services d’une finance de proximité, une mise en marché collective de leurs produits, des services semenciers collectifs, voire même fournissent des infrastructures à leurs communautés en matière d’électrification des villages sans attendre l’apport d’États trop faibles économiquement ou sans politiques agricoles (Favreau, 2011). Dans une perspective de développement durable et d’agriculture viable, deux organisations de coopération internationale québécoises/canadiennes, UPA Développement international (UPA DI) et la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), soutiennent l’effort de ces organisations paysannes du Sud depuis deux décennies.

Nous appuyant sur l’étude monographique de ces deux organisations, lesquelles font d’ailleurs très souvent alliance, nous allons dégager les lignes de force de leur travail de soutien à la mise en œuvre d’une « autre économie », d’une « économie non capitaliste de marché » (Petrella, 2012) fondée sur l’intercoopération et la solidarité internationale de paysans à paysans, et ce à petite échelle, soit la communauté locale, comme à très grande échelle, soit au plan international. Dans ces études de cas  ces organisations accompagnent ou ont accompagné des centaines de partenaires sur une période d’environ 10 ans, et ce dans des dizaines de pays du Sud.

Nous avons reconstitué l’itinéraire de ces dernières, leurs conditions d’émergence, le type d’organisation qu’ils ont mis en place, leur mode de financement, leur fonctionnement démocratique, leurs partenariats, leurs réalisations (Favreau et Molina, 2014 et 2012). De ces deux enquêtes, nous avons pu dégager quatre grandes tendances. C’est ce dont nous rendons compte ici. Mais avant de les examiner, voyons de plus près comment se présente le défi alimentaire aujourd’hui.

La faim dans le monde : un problème de production ou de répartition?

La nourriture produite est suffisante nous disent les spécialistes en la matière. C’est la répartition qui se fait mal. Voilà un premier constat de base qui contredit la pensée dominante sur ce sujet. Ces chercheurs ajoutent "qu’il est facile d’accroître les récoltes. Mais produire plus ne sert à rien si l’on ne peut pas vendre et si le travail n’est pas récompensé par une amélioration des conditions de vie" (Brunel, 2009 : 8). C’est également la conviction des organisations paysannes et des deux OCI mentionnés. Du coup, la question qui surgit : comment organiser la mise en marché des produits? D’où un deuxième constat fait par ces organisations : "c’est à une crise alimentaire à répétitions que nous sommes condamnés et donc à l’insécurité alimentaire". S’il n’y a pas d’États et d’institutions internationales régulatrices pour nourrir le monde, s’il n’y a pas de stocks de sécurité soutenus par une commercialisation collective des produits agricoles et si les prix des produits agricoles ne sont pas stabilisés, la sécurité alimentaire se perpétuera. L’Organisation des Nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) va aussi dans cette direction. Nora Ourabah Haddad, coordinatrice du Bureau de la communication, des partenariats et des activités de plaidoyer de la FAO dans le cadre de sa visite au Québec en mai 2013, s’exprimait ainsi :

Je vois l’année internationale de l’agriculture familiale comme un levier intéressant pour promouvoir ce modèle comme solution de rechange au modèle productiviste. Nous tenterons d’attirer l’attention de la communauté internationale en insistant sur sa contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement, etc. (Le Devoir, cahier spécial du 22 mai 2013)

Les multinationales de l’alimentation gouvernent-elles nos vies?

L’agriculture et l’alimentation sont des révélateurs de la mondialisation néolibérale que nous vivons depuis plus de 30 ans, c’est-à-dire, sur le fond, d’être pour beaucoup gouvernés par des multinationales. L’agrobusiness est ce premier ensemble sectoriel de multinationales qui gouvernent nos vies de la terre jusqu’à notre assiette (Waridel, 2011). Autre constat observé au cours de notre enquête : la plupart des organisations de paysans en premier lieu, mais aussi des ONG et des coopératives avancent aujourd’hui dans le  sens du droit à la souveraineté alimentaire pour chaque pays, signifiant par là qu’il faut sortir l’agriculture de l’emprise du marché des multinationales.

Femmes au champs en Guinée

Femmes au champs en Guinée © UPA DI

Dans le même ordre d’idées, ces organisations, en se politisant constatent que des multinationales gouvernent nos vies dans d’autres secteurs stratégiques. L’agriculture n’évolue pas dans un isolat hors du modèle économique dominant. Il en est de même dans la production des énergies (les pétrolières et les gazières, celles du gaz de schiste en tête), dans la transformation des ressources naturelles (les minières dans plusieurs communautés à travers le monde), dans le secteur des nouvelles technologies des communications et de la culture (Google, Apple, Amazon, Facebook), dans le secteur de la santé avec l’industrie pharmaceutique, etc. Constance de ce modèle de développement : la mainmise d’une minorité d’actionnaires s’imposant dans la gestion comme dans le développement des entreprises en écartant systématiquement les organisations d’agriculteurs comme celles des travailleurs. Comment réussissent-elles à fabriquer le consentement d’une grande partie de la population et des gouvernements?

Quelques pistes d’explication sur l’emprise des transnationales

D’abord, ces transnationales règnent en maîtres face à des gouvernements hésitants, parfois même complices. Une première explication réside dans l’activité plus marquée de leurs lobbies : lobbies du sucre, lobbies des semenciers, lobbies des énergies fossiles, lobbies des banques, lobbies de grands médias polyvalents, pression des agences de notation sur les États.... Ce qui en fait des superpuissances (Kempf, 2011). Elles ont ainsi réussi depuis deux décennies, avec la fin de la tension Est-Ouest au début des années 90, à obtenir une légitimité grâce à leurs relais politiques véhiculant l’idée que la richesse accumulée par cette minorité au haut de la pyramide finit toujours par retomber sur les strates inférieures, ce qu’infirment  Genevey et al. (2013). Puis, la réussite personnelle et la compétition érigées en religion sont devenues, par l’omniprésence de leurs opérations de marketing, les prétendus grands et exclusifs moteurs de la richesse nationale. La promotion systématique de l’idée faisant valoir qu’elles sont les seules créatrices de richesse avec, à la clé, des effets positifs sur les communautés en termes de santé, d’éducation, de loisirs...est distillée en tout lieu. Elle sous-entend que l’État et ses politiques publiques, les collectivités territoriales et les forces vives des communautés, soit les agriculteurs et travailleurs, n’y sont que pour peu de choses dans la création de la richesse collective.

Elles ont également été capables d’imposer un relâchement généralisé de la fiscalité à l’égard des plus riches et des entreprises au point où le développement de gains sans aucun frein est socialement devenu acceptable sous l’égide de ce capitalisme international où la finance a pris les postes de commande. Enfin elles ont réussi à affaiblir considérablement, dans les 30 dernières années, le syndicalisme des travailleurs avec la montée du travail précaire. Les transnationales ont aussi affaibli le rôle des agriculteurs avec le contrôle en amont des services semenciers et en aval celui de la transformation de l’alimentation. Ce sont là deux mouvements majeurs de la période de l’après-guerre (1945-1975).

Quelles pistes de sortie de crise au plan de l’agriculture et de l’agroalimentaire?

« Les crises agricoles et énergétiques mondiales de 2007-2008, suivies par l’effondrement du système financier à l’échelle internationale à l’automne 2008 » nous dit Parmentier (2009 : 280-281), ont mis en échec l’orthodoxie libérale qui a fait de grands ravages notamment en matière d’agriculture. Concernant l’organisation de l’agriculture mondiale, on a ainsi assisté à un transfert de responsabilité de la FAO à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) tandis que le Fonds monétaire international (FMI) comme la Banque mondiale (BM) ont fait du désengagement de l’État une condition de leur soutien aux pays du Sud.

C’est là le résultat du prétendu équilibre libéral "reposant sur la capacité d’un certain nombre de pays à produire durablement des excédents bon marché et sur la possibilité de transporter d’énormes tonnages de produits périssables à travers le monde de façon sûre et peu onéreuse" nous dit encore l’agroéconomiste Parmentier (2009 : 281). Les pays qui ont négligé leur secteur agricole, dépendant des importations, se retrouvent du jour au lendemain avec des populations urbaines affamées et des émeutes de la faim car, s’il y a problème, les pays exportateurs commencent par garder leur production pour eux.

L’influence des multinationales ne s’arrête pas là. Un autre facteur joue dans cette dynamique, facteur plus insidieux mais agissant : c’est la tolérance sociale croissante au sein des classes moyennes et populaires à l’égard de ce que nous proposent ces multinationales (Pech, 2011). C’est, par exemple, le délitement de la valeur de politiques publiques et des services publics afférents, notamment le délitement du rôle de l’État pour limiter l’avancée des multinationales dans le contrôle privé de biens communs comme la terre, l’eau, les ressources naturelles de tout ordre.

Bref, ces transnationales gouvernent de plus en plus la vie sociale, économique et politique des populations locales qui peinent à s’en rendre compte, car leurs lobbies ont souvent de grandes capacités à neutraliser la critique, à influencer les élus et à faire modifier des lois en leur faveur. En d’autres termes, dans l’espace public, l’alimentation n’est jamais présentée et donc perçue comme étant traversée par des forces économiques et politiques, par des intérêts différents, voire opposés. Renouer avec la critique et dégager des pistes alternatives aux Monsanto, Nestlé, General Mills et Walmart de ce monde sont aujourd’hui des défis de premier ordre (Robin, 2013).

Défi alimentaire et développement durable et solidaire des communautés

Le défi alimentaire d’aujourd’hui demeure en premier lieu de permettre au plus grand nombre d’avoir accès en tout lieu et en tout temps à une nourriture saine et de qualité. En d’autres termes, l’aide alimentaire massive n’est pas la solution, c’est une action supplétive qui "fluctue en fonction des excédents alimentaires des pays riches et rend ceux qui en bénéficient dépendants de l’assistance extérieure", nous dit Sylvie Brunel, géographe et ancienne présidente de l’ONG française Action contre la faim (Brunel, 2009). Si les trois quarts des malnutris de ce monde dans les pays du Sud sont des ruraux, la solution réside "dans le soutien à la petite agriculture familiale paysanne" comme l’affirme aujourd’hui la FAO, suite à ces enquêtes sur le terrain notamment avec l’UPA DI. Ce qui induit évidemment de rendre les structures paysannes plus solides, de réaliser des rendements qui dépassent la stricte subsistance et des filières organisées. C’est exactement ce que les leaders des organisations rencontrées nous ont confirmé lors de nos deux enquêtes (Favreau et Molina, 2012 et 2014).

Labourage en Haïti

Labourage en Haïti © UPA DI

Certes, dans les deux dernières décennies, le développement durable et solidaire des communautés a progressé à partir de toutes sortes d’initiatives locales : l'agriculture biologique à petite échelle, des fiducies foncières communautaires, des systèmes alternatifs de vente plus directe comme ceux issus du commerce équitable et de l’agriculture de proximité de petits marchés publics de producteurs, des jardins communautaires en milieu urbain, des jardins familiaux, des villes et bidonvilles en transition... D’où le concept d’économies de proximité (Martin, 2010).

Cependant, ces économies de proximité ne peuvent à elles seules inverser l’ordre des choses pour sortir de la triple crise que nous traversons. Il faut compter sur la coopération internationale des ONG, le développement de ses économies de proximité mais encore plus sur celle des mouvements sociaux et sur les États les plus progressistes. En premier lieu sur les organisations paysannes, leurs fédérations, leurs organisations internationales. Car pour faire bouger les États, il faut miser sur la mobilisation de mouvements bien organisés. Comme celui des paysans et des travailleurs. Le tout dans la perspective d’ouvrir de grands chantiers prioritaires, autrement dit des initiatives de caractère stratégique. Un de ses chantiers est certainement celui de la relance de l’agriculture au Sud. D’autre part, au plan institutionnel, les États et les organisations internationales peuvent soutenir ces démarches : les consultations de la FAO avec la société civile sur la sécurité alimentaire et l’appui d’autres organisations de l’ONU s’intéressant aux enjeux alimentaires tels l’Organisation international du travail (OIT), les fonds stratégiques de développement dédiés aux petites et moyennes entreprises (PME) collectives des pays du Sud et offrant des prêts et des garanties de prêts (Favreau, 2013) sont de cet ordre.

 Nouveaux outils financiers de la solidarité internationale

Depuis plus de 40 ans, les OCI du Québec agissent principalement à partir du dispositif des dons en provenance du public et des gouvernements (l’ACDI surtout, le MRI un peu). Mais ce soutien, notamment pour financer des infrastructures économiques locales dans le Sud comme cela se présente dans plusieurs expériences, commande souvent d’être accompagné d’une pratique de prêts et de garanties de prêts. L’avenir de la solidarité internationale repose sur cette association complémentaire du don et du prêt et sur une plus grande autonomie de financement des OCI. Quelques initiatives d’ici et d’ailleurs ont commencé à explorer ce nouveau chantier...

Pour en savoir plus : http://www.oikosblogue.coop/?p=15746

Retenons en priorité qu’il faut un changement d’échelle à l’agriculture familiale dans le monde, selon le chercheur sénégalais Fall (2013). Pendant des décennies, des projets ont été conçus par des ONG, des structures étatiques avec leurs bailleurs de fonds. De nombreuses innovations en ont résulté. L’expérimentation doit se poursuivre, mais les réussites doivent être mises à grande échelle... les essais doivent être transformés en lignes de politique... Comment favoriser ce changement d’échelle?

Nos enquêtes ont dégagé quatre volets d’une même stratégie d’action collective :

  1. Fédérer les initiatives paysannes locales au plan sectoriel et national ;
  2. Renforcer la représentation politique nationale et internationale des organisations paysannes ;
  3. Favoriser l’organisation économique des paysans par des entreprises collectives (coopératives en premier lieu) ;
  4. Entreprendre le virage écologique de l’agriculture.

Premier changement d’échelle : fédérer les organisations paysannes pour les inscrire dans le rapport de force

Pourquoi changer d’échelle? Grand débat lancinant au sein de la coopération internationale de proximité et au sein des organisations paysannes et coopératives locales. Vient un jour où il faut bien admettre que malgré toutes ces initiatives à la base, les multinationales ont continué d’accroître leur mainmise sur les systèmes de production locaux et nationaux avec la montée de la phase néolibérale du capitalisme. Dans le cas de l’alimentation, c’est ici ou là l’accaparement des terres partout sur la planète, le contrôle par brevets sur des organismes vivants et des semences, l'utilisation plus grande encore de pesticides et d'autres intrants chimiques, et l’exercice d’un contrôle plus marqué de la chaîne alimentaire.

Les sociétés transnationales semencières, agro-chimiques et agroalimentaires occupent une position de quasi monopole, notamment parce que la demande des petits agriculteurs en intrants (engrais, semences, produits phytosanitaires, etc.) est dispersée et que l’offre de leurs produits l’est tout autant. Le rapport de force dans le premier cas est favorable aux sociétés transnationales semencières et dans le second favorable aux acheteurs, les grandes chaînes agroalimentaires. Par exemple, les hypermarchés du type Walmart imposent leurs cahiers de charge en termes de volume, de qualité, de délais de livraison et fixent leurs prix aux agriculteurs ou à leurs coopératives. De telle sorte que les agriculteurs deviennent souvent un maillon parmi d’autres dans les filières de production. D’où l’idée de fédérer les initiatives à minima à l’échelle sectorielle, puis, dès que possible, au plan national et même, aujourd’hui de plus en plus à l’échelle internationale, les faire grandir pour pouvoir mieux se positionner dans le rapport de force avec ces multinationales (Mcsween, 2013).

Rapport de force entre paysans et géants de l'agroalimentaire : l'exemple de cacao en Afrique de l'Ouest

L’asymétrie entre des producteurs qui restent dispersés et de relativement petite taille dans des pays souvent politiquement instables, et les géants du secteur de plus en plus concentrés qui dominent le négoce et tout l'aval d'une filière qui manque de transparence. À cela s'ajoutent les effets dévastateurs de la forte volatilité des prix contre laquelle les producteurs ne peuvent pas se protéger seuls. Le prix de la tonne de cacao avoisine 2 400 dollars aujourd'hui, mais il peut varier de 800 dollars en une seule journée. Cette pauvreté des paysans est une des causes du travail des enfants dans les plantations de cacao : l'Organisation internationale du travail (OIT) estime qu'ils sont 2 millions en Afrique de l'Ouest.

Source : Alet, C., 2013, Un chocolat au goût amer, dans Alternatives économiques, #320, janvier 2013, p.48 et 49.

L’expérience d’OCI comme UPA DI et SOCODEVI indique que l’effort doit aller en bonne partie au renforcement fédératif des organisations paysannes et coopératives existantes dont un grand nombre sont encore incapables d’exercer un quelconque poids économique face aux multinationales ou politique sur leur gouvernement respectif, parce que trop peu organisés et relativement éloignés géographiquement des principaux centres de décision. "Nous sommes allés à la base et nous avons aidé des coopératives à augmenter leurs revenus" nous disait le directeur de l’époque de SOCODEVI, Réjean Lantagne, en entrevue (Favreau et Molina, 2012 : 28). Puis, en faisant le bilan de ce travail, nous nous sommes dit : « si la situation reste ainsi, elles ont peu de chances de survivre. Il faut travailler à l’intégration de ces coopératives de base, il faut travailler avec des coopératives plus grosses, soit avec de centrales de coopératives, des fédérations, des unions ». À partir de là, on a commencé à travailler aussi au niveau des pays et des lois qui peuvent favoriser le développement coopératif... On le fait dans l’esprit d’accompagner les coopératives et les coopérateurs de base dans leur développement institutionnel et organisationnel.

Coopératives, groupement paysans et électricité par l'énergie solaire au Sénégal : une coopérative rurale d'épargne et de crédit innovatrice

Au Sénégal, aux alentours de Méckhé, dans la région de Thiès, à trois heures de route de Dakar, la capitale, des paysans bénéficient de l’électricité photovoltaïque grâce à leurs «mutuelles de solidarité», toutes fédérées dans une coopérative rurale d’épargne et de crédit : plate-forme de pompage solaire pour irriguer la terre communautaire ; transformation de leurs produits agricoles (aubergines, choux, gombos, tomates, papayes et oignons) ; conservation ou stockage de leurs produits ; éclairage public par l’alimentation en lampes de basse consommation dans les petites rues des villages ; congélateur communautaire pour refroidir médicaments, aliments, jus de fruit maison ; recharge des téléphones mobiles ; etc. Tout cela nécessite de l’énergie dans une région...

Pour en savoir plus : http://www.oikosblogue.coop/?p=8461

Deuxième changement d’échelle : renforcer la représentation politique des organisations paysannes et coopératives pour faire bouger les États et les institutions internationales

Le secrétaire général d’UPA DI affirmait en entrevue :

Rétrospectivement, pour ce qui est d’UPA DI, disons bien honnêtement que nous avons boudé dans les premières années les initiatives de caractère fédératif, jugées trop distrayantes par rapport au travail auprès des organisations paysannes locales. Notre priorité était le soutien à l’organisation de services agricoles dans les communautés. Le tournant majeur a commencé à prendre forme à la fin des années 1990 au moment où les pays du Sahel étaient aux prises avec une importante sècheresse et des programmes d’ajustement structurel (PAS) dont les premiers effets négatifs commençaient à se faire sentir. On s’est alors rendu compte de l’importance objective d’une organisation à d’autres échelles et même à l’échelle de plusieurs pays (l’Afrique de l’Ouest) et donc de la nécessité de développer une capacité politique des leaders paysans pour qu’ils soient en mesure de travailler à différentes échelles (Favreau et Molina, 2014 :77).

Autrement dit, ces organisations ont pris acte des limites du « small is beautiful » ou du seul travail à la base, car les petits agriculteurs sont évincés des priorités, notamment en Afrique, lorsque vient le temps d’établir, au sein des institutions internationales ou dans leur pays respectif, des priorités budgétaires.

D’où l’importance d’un travail dans les communautés locales articulé et adossé à celui auprès des pouvoirs publics, aux niveaux national et international. "Pour sortir de la crise, il faudrait probablement revenir aux solutions des années 1980, c’est-à-dire d’avant la vague libérale" nous disait le secrétaire général de l’UPA DI. En d’autres termes, généraliser le soutien aux agricultures familiales signifierait d’assurer une forme ou l’autre de souveraineté alimentaire telles des politiques d’assurance collective face aux risques climatique, sanitaire et financier, des politiques d’investissement collectif, dans l’hydraulique et les infrastructures routières notamment, bref réintroduire des politiques publiques en matière d’agriculture. Ce que toutes les grandes agricultures du monde (États-Unis, Europe, Chine, Brésil...) ont fait et font encore d’ailleurs.

C’est que le renforcement des organisations coopératives et paysannes doit s’adosser à une intervention des États dans le développement d’infrastructures essentielles, tels que les routes rurales, un soutien à l’irrigation de leurs terres, une politique d’assurance contre les différents types de risque, etc., à la hausse de leurs rendements, à la conservation de leurs récoltes et à la commercialisation de leurs produits. De même, cette consolidation doit faire partie de façon prioritaire de l’aide publique internationale au développement. Or la part de l’agriculture dans cette aide n’a cessé de décroître depuis les années 1980 (Dufumier, 2012 : 130). Ce qui suppose que les paysans organisent leur propre représentation politique aux diverses échelles : locale, nationale, continentale, internationale.

Et bien sûr, il faut oublier les banques. L’expérience de très nombreuses organisations paysannes et coopératives dans le Sud témoigne de leur exclusion du crédit. Or la condition socioéconomique de la majorité de ces populations se caractérise par le manque de patrimoine, le manque de revenus fixes et le manque de relations pour obtenir du crédit. L’accès au crédit est un problème majeur pour nombre d’organisations paysannes des communautés rurales. Il en est de même pour la petite entreprise qui forme la base de leur tissu économique productif. Les banques les ignorent, jugeant qu’elles ne sont pas dignes d’intérêt.

Des organisations paysannes du Sud avec UPA DI : l'UPA DI et son travail avec la FAO

La FAO a fait une entente avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec à l’automne 2012 pour que cette dernière devienne un partenaire officiel pour les Nations Unies. À partir de là, l’UPA est régulièrement consultée et participe à des projets internationaux destinés à combattre la faim. À titre d’exemple l’organisation malienne Faso Jigi, soutenue par l’UPA-DI, a été confirmée comme étant la meilleure organisation agricole africaine. Pourquoi? Cette organisation paysanne a non seulement permis à ses membres d’avoir de meilleurs revenus mais a aussi permis d’assurer la sécurité alimentaire du pays, notamment par une politique de stockage et d’encadrement des marchés appropriée laquelle...

Pour en savoir plus : http://www.oikosblogue.coop/?p=14699

Troisième changement d’échelle : dépasser l’économie de subsistance par l’organisation d’entreprises collectives

L’expérience d’UPA DI et celle de SOCODEVI suggèrent de favoriser l’organisation économique des paysans. Des initiatives de commercialisation collective des produits de la terre pour sortir les agriculteurs de la simple autosubsistance familiale ou villageoise, c’est-à-dire arriver à dégager des surplus commercialisables. Ou encore des initiatives pour permettre l’intégration sur les marchés, autrement dit des niches régionales ou même transnationales. Ou encore l’organisation de marchés régionaux pour l’échange des produits, la création de banques de semences, des points de ventes d’engrais, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à des moyens de transport appropriés, etc. Sans compter la création de caisses rurales de même que l’établissement de prêts rotatifs pour le démarrage d’agriculteurs, etc. (ROPPA et UPA DI, 2009).

La Fédérée et SOCODEVI en soutien à des coopératives agricoles en Bolivie

La Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), relais international des coopératives membres du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), a accompagné depuis sa naissance en 1985 quelques 600 projets dans des domaines aussi variés que les ressources forestières ou le commerce équitable de différents produits du secteur agro-alimentaire dans une quarantaine de pays. Exploration d’une expérience de 10 ans de collaboration avec des communautés paysannes en Bolivie.

Pour en savoir plus : http://www.oikosblogue.coop/?p=9039

Les coopératives agricoles en Inde

Il y a 600 000 coopératives en Inde nous rapporte l’Alliance coopérative internationale (ACI) dans un récent communiqué à l’occasion d’une prise de position publique de l’actuel président du pays, Pranab Mukherjee, à New Delhi, lors d’un rassemblement de la Corporation de développement coopérative nationale (CDCN). Les coopératives indiennes apportent une contribution inestimable à la croissance économique générale du pays. « Cela est particulièrement vrai dans les secteurs du crédit agricole, du sucre, des produits laitiers, du textile, de la pêche, de la distribution de l’engrais et de la production agricole, du stockage et du marketing », a déclaré le Président...Ce pays est réputé pour ses coopératives. On le sait très peu. On pense notamment à AMUL, une coopérative dans le domaine des produits laitiers...

Pour en savoir plus : http://www.oikosblogue.coop/?p=14452

Quatrième changement d’échelle : l’enjeu de la transition écologique de l’agriculture est local et planétaire

L’urgence écologique est aujourd’hui une interpellation centrale pour tous les mouvements sociaux qui se sont longtemps focalisés sur la question économique et sociale sans voir qu’elle était désormais adossée à celle des écosystèmes. Ce qui concerne tout autant des entreprises collectives – coopératives, associatives et mutualistes – que des organisations paysannes.

Cela signifie d’opérer une véritable « révolution culturelle » de leurs entreprises, « révolution culturelle » aussi nommée transition écologique de l’économie. Au Québec, il y a de grandes coopératives agricoles, telle Nutrinor qui planifie la réorganisation de leur système de transport des produits de la terre en abandonnant progressivement le camionnage pour un retour au train de même que le retrait de l’utilisation du pétrole alimentant ses bâtiments au bénéfice de la biomasse forestière. Il y a des coopératives forestières qui planifient tendanciellement leur travail en direction de la reforestation. Il y a des organisations paysannes et des coopératives du Sud  qui vont dans le même sens. Pour l’instant, les avancées de cet ordre font exemple, mais elles sont encore timides.

Une autre révolution verte s’impose

La première révolution verte, l’agriculture industriellement intensive, a sans doute amélioré le sort d’un certain nombre d’exploitants tout en diversifiant les produits pour les consommateurs des pays riches. Ce n’est pas celle qui peut inspirer le Sud. Car aujourd’hui, c’est une agriculture polluante et une agriculture également laminée par le prix des énergies fossiles, appelées à devenir de plus en plus chères. L’option prometteuse nous dit Griffon (2006) est fondée sur l’écologie scientifique, une « agriculture écologiquement intensive » qui met à contribution les écosystèmes autrement. Par exemple, des insectes nuisibles à la production agricole peuvent être contrés par d’autres insectes qui en font leur proie. Ou encore le charbon de bois en poudre, lorsqu’il est réparti dans le sol, permet la rétention de l’eau et des nutriments. Bref, une révolution biologique est en cours, laquelle permet d’abandonner le labour intensif et d’augmenter la capitale fertilité dans les sols. Cette révolution biologique vaudrait tant pour les gros que pour les petits exploitants, aux conditions de miser sur un investissement en main-d’œuvre, d’investir en recherche et de tabler sur une aide au développement initial. C’est la voie écologique par la recherche scientifique et celle qui contribue à l’émergence de nouvelles techniques agricoles.

La voie du développement durable

Une autre voie complète cette dernière et elle est socioéconomique et sociopolitique. Elle concerne de façon centrale les pays du Sud, mais aussi, aujourd’hui plus qu’hier, des sociétés comme la nôtre : la restauration de la capacité de production alimentaire locale destinée aux populations des communautés de nos pays respectifs plutôt qu’à l’exportation. La condition première est de redonner à la notion de politique agricole toute sa valeur. Nous touchons ici du doigt la question de la souveraineté alimentaire et du développement durable.

Récolte de maïs au Mali

Récolte de maïs au Mali © UPA DI

L’urgence écologique commande donc un grand coup de barre de la part de tous les mouvements sociaux pour interpeller les pouvoirs publics et les grandes institutions internationales, suite aux échecs répétés des États à se donner des règles contraignantes (depuis Copenhague en 2009 en passant par Cancún en 2010, Durban en 2011 et finalement Rio+20 en 2012). Une partie du mouvement agricole, du mouvement coopératif, du mouvement syndical et des économies de proximité est engagée dans cette bataille de longue durée, tant au Nord qu’au Sud.

C’est le Sommet de la Terre à Rio en 1992 qui a imposé cette mise en relation et introduit définitivement le concept de développement durable. Vingt ans plus tard, avec le Sommet de la Terre de 2012, des initiatives ont été lancés et des chantiers relativement inédits ont été ouverts comme le suggèrent les rencontres internationales comme celles du Mont-Blanc à Chamonix en 2011 et 2013 (Favreau et Hébert, 2012 : 65-68) et celle de l’Alliance coopérative internationale (ACI) en 2012 (document d’orientation de Manchester). Allons-nous vers un New Deal vert : La chance de cette crise, si l’on peut dire, c’est que les solutions à la crise écologique sont les mêmes que les solutions à la crise économique : un New Deal, mais vert... (Lipietz, Vie économique, vol.3, numéro 4. http : //www.eve.coop/?r=15).

Les organisations paysannes et coopératives dans la construction d’un New Deal vert

Riccardo Petrella, conférencier à l’ouverture du premier Sommet international des coopératives de 2012 avançait deux scénarios à propos des coopératives. Cela vaut également, croyons-nous, pour toutes les initiatives économiques issues du monde agricole.

… Le point clé est de savoir si les promoteurs du modèle coopératif pensent que le système économique qui domine aujourd'hui – l'économie capitaliste de marché – est réellement en crise... Si les coopératives prennent acte que le système capitaliste de marché – qui a conduit à la situation humaine et sociale dramatique de ces dernières années et aux dévastations de la planète Terre que l'on connait – est en échec structurel et qu'il ne répond plus aux besoins de l'humanité, on pourrait alors assister à l'émergence d'une nouvelle forme de coopératives qui organiseraient la production de la richesse, notamment collective, par la promotion des biens communs et la prestation des services publics d'intérêt général indispensables au « vivre ensemble »...

C'est la financiarisation de l’économie et la marchandisation de la vie imposée par les logiques du capital et des marchés qui sont les principales responsables des crises permanentes des 20 dernières années, non pas les citoyens, les consommateurs, les dépenses de l'État ou la dette publique! En ce sens, les coopératives ne doivent pas servir à panser les maux du capitalisme ni à venir au secours de l'économie de marché : elles sont des entreprises de biens communs…

Source : Ricardo Petrella au Sommet international des coopératives, Québec, octobre 2012

En d’autres termes, un ensemble de forces sociales (syndicalisme agricole, organisations de travailleurs, coopératives, groupes écologiques...) peuvent arriver à faire mouvement pour la réalisation d’un new deal écologique et social à l’échelle de la planète et donc trouver une réponse au défi de la transition écologique de l’économie :

  1. transition d’une agriculture industriellement intensive à une agriculture écologiquement intensive;
  2. transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables et ainsi de suite.

Si le 20e siècle a donné un new deal social significatif pour l’ensemble des travailleurs et des agriculteurs - un État social - il n’est pas interdit de penser à l’émergence au 21e siècle d’une nouvelle utopie, une sorte de New Deal écologique, d’une entente générale entre les États, cette fois-ci à l’échelle mondiale, visant un développement durable pour la planète et pour l’ensemble de ses composantes. Faut-il anticiper des blocages?

Cela induit de bousculer fortement les pouvoirs établis. Surtout disent les dirigeants rencontrés, exiger des pouvoirs publics, aujourd’hui sous pression de puissants lobbys privés, qu’ils s’engagent dans la redistribution sociale des revenus et dans la lutte pour répondre à l’urgence écologique. Mais à l’interne des mouvements, convaincre une majorité de leurs forces vives n’est pas encore gagné à ce projet de société, nous ont-ils également dit lors des entrevues.

Mais n’a-t-on pas vu le mouvement social du 20e siècle des syndicats travailleurs et d’agriculteurs, des coopératives et des mutuelles, des grandes associations de consommateurs et des partis politiques progressistes, faire corps, à certains moments stratégiques, tels que le Front populaire en France et le programme de la Résistance en Europe au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. N’oublions pas que ce sont les organisations d’agriculteurs, les syndicats de travailleurs et coopératives du Canada qui ont donné naissance au CCF, devenu le Nouveau Parti Démocratique (NPD), parti représenté à l’échelle fédérale. Et ce, dans le seul but de sortir de la crise des années 1930.

Des forces sociales convergentes ont ainsi été capables, dans un certain nombre de pays du Nord, de formuler à l’égard des États des demandes sociales, dont certaines sont devenues des régulations incontournables : assurance-emploi, assurance-santé, régimes de retraite, droit de vote des femmes, mise en marché collective en agriculture, reconnaissance des syndicats, mise à contribution des mutuelles dans les systèmes publics de protection sociale… C’est ce qui a donné naissance à ce « New deal » du 20e siècle, porté par des États sociaux.

Nous n’en sommes pas là. Le rapport de force social et politique nécessaire pour imposer cet important virage écologique et social est sans doute à court terme hors de portée. Mais cela pourrait changer si nous mettons en perspective qu’il s’agit d’un temps long de mobilisation des communautés, des mouvements sociaux, des gouvernements locaux et d’États progressistes.

Comment citer ce texte ?

FAVREAU, L. (2014). « Nourrir l'humanité. Le défi d'une agriculture mondiale durable au 21ième siècle. Ce que les organisations paysannes et la coopération québécoise nous apprennent ». Dans GAGNON, C. (Éd). Guide québécois pour des Agendas 21e siècle locaux : applications territoriales de développement durable viable, [En ligne] http://www.demarchesterritorialesdedeveloppementdurable.org/agriculture-durable/ (page consultée le jour mois année).

En complément

Circuits courts et alimentation

Économie solidaire et DD

Carnet de Louis Favreau

L'agriculture, une histoire de famille

Pour aller plus loin

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Dernière modification: 3 juin 2014

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