CRÉ de Laval

 

Agir pour une communauté écocitoyenne

Résumé

L’expérimentation d’une démarche d’application territoriale de développement durable a été effectuée dans un secteur du quartier de Chomedey, un des secteurs les plus défavorisés sur le territoire de la Ville de Laval. Suite à la réalisation du portrait de ce quartier urbain, un plan d’action a été réalisé. Il vise à bâtir une communauté écocitoyenne d’avant-garde pour laquelle les citoyens développeront un sentiment d’appartenance et de fierté. Cette démarche se caractérise aussi par son inscription dans le plan stratégique 2008-2013 de la Conférence régionale des élus de Laval.

Contexte socioéconomique du territoire

L’expérimentation d’une démarche d’application territoriale de développement durable a été effectuée dans un secteur du quartier de Chomedey; un des secteurs les plus défavorisés de Laval. En bref, en voici les caractéristiques :

  • population totale : 5 515 habitants dont 53 % sont des femmes;
  • présence marquée d’immigrants et de résidents appartenant à des minorités visibles : 31 % de la population est immigrante;
  • proportion importante de personnes vivant seules : 41 % des 2 445 ménages sont composés d’une seule personne;
  • nombre important de familles monoparentales : 48 %;
  • sous-scolarisation manifeste : 37 % de la population de 15 ans et plus est sans diplôme d’études;
  • taux de chômage élevé : 9,4 %, beaucoup plus élevé que la moyenne lavalloise (5,5 %);
  • nombre important de personnes vivant sous le seuil de faible revenu : entre 22 et 50 %, selon certaines unités de voisinage;
  • paysage urbain hétéroclite : 484 logements sociaux;
  • 75 % des résidents sont locataires;
  • sentiment d’insécurité fondé : présence de piqueries, de prostitution, etc.;
  • vie communautaire stimulante;
  • orientations municipales et régionales mobilisatrices.

Le territoire visé par la démarche de DD

Limites du territoire

Plus spécifiquement, le territoire est délimité à l’ouest et au sud par le boulevard Curé-Labelle, à l’est par le boulevard Chomedey et au nord (d’ouest en est) par les rues Lépine, Brien et Cardinal.

  1. Quatre-Vents
  2. Curé-Labelle
  3. Val-Martin
  4. Cardinal
  5. Charles-Daoust

Orientations du projet

Suite à la réalisation du portrait de secteur, un plan d’action a été réalisé; il visait à bâtir une communauté écocitoyenne d’avant-garde envers laquelle les citoyens auront développé un sentiment d’appartenance et de fierté; il visait également des changements de comportement. Le plan d’action, inspiré du plan stratégique 2008-2013 de la Conférence régionale des élus de Laval, propose une stratégie, un engagement, des orientations, des objectifs spécifiques et des actions concrètes devant permettre le développement d’une communauté viable.
Pour appliquer le concept de développement durable et d’écocitoyenneté, 4 grands moyens ont été retenus :

  • placer la personne au centre de la démarche de revitalisation de son milieu en l’impliquant dans des projets concrets qui la concernent ;
  • réaliser tous les projets en tenant compte de l’équilibre entre 3 pôles de développement en interaction (social, économique, environnemental), selon un principe d’équité ;
  • appliquer dans tous les projets les grands principes du développement durable :
  1. le principe de PRÉCAUTION : n’attendons pas l’irréparable pour agir ;
  2. le principe de PRÉVENTION : «mieux vaut prévenir que guérir» ;
  3. le principe d’économie et de BONNE GESTION : «qui veut voyager loin ménage sa monture et réduit ses gaspillages» ;
  4. le principe de RESPONSABILITÉ : qui dégrade doit réparer ;
  5. le principe de PARTICIPATION : tous concernés, tous décideurs, tous acteurs ;
  6. le principe de SOLIDARITÉ dans le temps et dans l’espace : léguons à nos enfants un monde vivable, réduisons les fossés de nos sociétés et de notre monde à deux vitesses ;
  7. le principe de SUBSIDIARITÉ : traitons les problèmes le plus près possible de l’endroit où ils se posent.
  • viser des changements de comportements.

Le plan d'action propose des stratégies et un engagement.

Une stratégie

Pour bâtir une communauté écocitoyenne d’avant-garde, un nouveau modèle d’urbanité, une nouvelle façon de vivre en ville au sein du territoire lavallois ciblé pour une revitalisation urbaine intégrée, les partenaires comptent soutenir le développement d’un sentiment d’appartenance et de fierté des citoyens envers leur milieu, augmenter leur capacité d’agir en vue d’améliorer leurs conditions et qualité de vie et miser sur le développement durable et l’écocitoyenneté comme moteurs de développement.

Un engagement

Agir en tant qu’écocitoyen, que l’on soit un individu, un organisme, une institution ou une entreprise, l’écocitoyenneté étant vu comme un concept qui :

    • renvoie à une prise de conscience des impacts qu’ont les gestes posés au quotidien par tous et chacun;
    • réfère à un ensemble d’objectifs, de comportements et d’actions situés dans le temps, qui visent à modifier les façons de faire pour préserver et améliorer la qualité des milieux et la qualité de vie des personnes;
    • permet l’exercice des droits et devoirs de chacun et qui se développe principalement par l’information et l’éducation;

nécessite un engagement de tous, citoyens, organismes, institutions publiques et entreprises, à mettre en œuvre des pratiques de développement durable.

L’écocitoyen est vu comme une personne qui :

  • a conscience d'appartenir à un territoire ;
  • agit de façon responsable ;
  • participe chaque jour, par des actions concrètes, à la préservation et à l'amélioration de son milieu de vie et du bien public ;
  • reconnaît la portée écologique de tous les gestes et actions qu’il pose;
  • cherche à en limiter les effets nuisibles sur l’environnement ;
  • entreprend des actions de sauvegarde et de restauration ;
  • se préoccupe de ses choix de consommation, de la provenance de ses aliments, de sa santé, de ses choix de transport, de la gestion des matières résiduelles et, de façon plus large, de son empreinte écologique ;
  • pense en terme de solidarité entre les générations et les peuples ;
  • agit avec les autres…pour lui, pour les autres et pour le bien-être de la planète.

Motivations à l'origine de la démarche

Le projet réalisé est né d’une invitation du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT) afin d’expérimenter une approche de revitalisation urbaine intégrée (RUI) dans un secteur de la Ville de Laval. Dans ce contexte, une Entente de partenariat triennale de 1 508 500 $ a été signée par 6 partenaires : le MAMROT, la Ville de Laval, le Forum jeunesse Laval, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF) et le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) et la Conférence régionale des élus de Laval (CRÉ DE LAVAL). La coordination de la démarche a été assumée par la CRÉ à la demande de Ville de Laval.

Le fait que cette revitalisation soit inscrite dans le cadre du DD est le résultat d’une consultation faite auprès des membres du comité de consultation qui pilote le projet. Comme des consensus régionaux ont déjà été faits sur ce cadre, notamment lors des planifications stratégiques de la CRÉ, cela a certainement influencé le choix.

Structure de travail

Une importante structure participative s’est construite au fur et à mesure des besoins. Elle comprend un comité de suivi de l’entente, un comité de consultation terrain et 9 comités de travail.

La structure opérationnelle de base

La structure opérationnelle de base de la RUI est composée de trois instances :

  1. le comité exécutif de la CRÉ ;
  2. le comité de suivi de l’Entente composé des bailleurs de fonds ;
  3. le comité de consultation terrain dont les membres proviennent des structures participatives du secteur.

La structure participative élargie

En plus de sa structure opérationnelle de base, les travaux de la RUI sont supportés par toutes les instances et comités de la CRÉ et neuf comités de travail ou de réflexion :

  • tous les comités des ententes spécifiques : développement agro-alimentaire, conditions de vie des aînés, programme Avenir, Viable, École, Communauté (AVEC), culture, culture scientifique, développement des saines habitudes de vie, économie sociale, Immigration, logement social, loisir et sport, défi Laval actif, Implication citoyenne des jeunes ;
  • tous les autres comités de la CRÉ : comité aviseur de développement durable en milieu urbain, forum jeunesse Laval, femmes et développement régional, conférence régionale de l’éducation et la table agro-alimentaire. Enfin, collaborent aussi à la démarche, le Conseil régional des partenaires du marché du travail, la Conférence administrative régionale de Laval et le Centre local de développement de Laval.

Modèle décisionnel, mécanismes de gouvernance et mobilisation

Le projet de RUI étant inscrit dans une Entente de partenariat, c’est le comité de suivi de l’Entente (composé des 6 partenaires financiers) qui faisait les recommandations au comité exécutif de la CRÉ DE LAVAL; rappelons que c’est la CRÉ qui coordonne le projet de revitalisation. Il importe toutefois de noter que toutes les propositions émanant des divers comités de travail ont toutes été acceptées par les instances décisionnelles sans exception.

Le plan d’action a été réalisé par le comité de consultation terrain, instance multisectorielle composé d’organismes communautaires, d’institutions, d’élus et de citoyens. Des comités de travail et de réflexion ont été mis en place pour effectuer les suivis des priorités retenues dans le plan d’action. C’est à ce niveau que la mobilisation a été très significative et que la participation citoyenne s’est le plus exercée.

L’expérience nous démontre que la participation citoyenne s’exerce davantage lorsque nous travaillons sur des projets concrets. Si les représentants des organismes et des institutions sont à l’aise avec des discussions concernant les orientations et les grandes réflexions, la plupart des gens, voire même les délégués de ces organisations, mais surtout « les citoyens non organisés », le sont beaucoup moins.

Travailler sur des projets concrets, dans une certaine temporalité, avec des résultats tangibles, est beaucoup plus mobilisateur. Nous avons vu des « abeilles » à l’œuvre, avec une assiduité remarquable.

Certains comités travaillaient de façon sectorielle (ex. : Emploi jeunesse) d’autres de façon transversale (ex. : Immigration, Animation de quartier et participation citoyenne); le tout étant toujours ramené au comité de consultation terrain, l’intersectorialité reprenait le dessus; l’interrelation entre les diverses actions et la cohérence entre elles ont fait que des comités ont dû travailler ensemble; le fil conducteur de la démarche a toujours été présent.

Le plus bel exemple de la participation citoyenne s’est vécu lors des 6 marches exploratoires effectuées dans le secteur dans le cadre du projet en sécurité. À chaque occasion quelques 20 personnes participaient; allant de jeunes de 12 ans à des personnes à mobilité réduite; plusieurs recommandations ont été acheminées à la Ville de Laval.

Le Café citoyen sur le sujet de la sécurité alimentaire a également attiré environ 60 personnes, un autre exercice de participation citoyenne à succès.

Suivi

La structure participative retenue dans le cadre du projet mobilisant quelque 57 personnes, distribuées entre le comité de suivi, le comité de consultation terrain et 9 comités de travail, commande une organisation du travail très rigoureuse. Les comités de travail sont présidés par des membres issus du comité de consultation terrain possédant une expertise dans le domaine traité. Tout le secrétariat (ordres du jour, comptes rendus, suivis entre les rencontres) est assumé par la Conférence régionale des élus de Laval.

Réalisations

 

Les divers travaux ont été conçus et réalisés par les membres des diverses instances participatives de la RUI. Nous retrouvons les mandats et les réalisations de ces diverses instances.

Comité de consultation terrain avec un membership intersectioriel : 18 membres
Mandat : agir en tant que comité consultatif auprès de la CRÉ pour le projet de revitalisation urbaine intégrée; apporter la connaissance terrain dans divers domaines d’action; apporter une contribution à l’élaboration et au développement de projets en vue d’améliorer la qualité de vie du milieu et des conditions de vie des résidents; contribuer au développement d’une communauté viable par l’acquisition et le transfert de connaissances en matière de développement durable et par l’application de ses principes; favoriser la circulation de l’information et suivre l’évolution des travaux en cours de réalisation et apporter du support, lorsque requis.
Réalisations :

  • portrait du secteur ;
  • plan d'actions ;
  • suivis des travaux des comités de travail ;
  • recommandations au comité de suivi et au comité exécutif de la CRÉ ;
  • formations sur les sujets suivants :
    • le concept de développement durable ;
    • la revitalisation urbain – un concept d’avenir ;
    • la formation AVEC (Avenir, viable, école, communauté) à l’école Les Quatre-Vents ;
    • l’aménagement urbain sécuritaire.

Comité immigration : 8 membres

Mandat : Favoriser l’accueil et l’intégration des membres des communautés culturelles et mener une réflexion sur la situation de l’immigration dans le secteur de la RUI.
Réalisations :

  • expérimentation d’« Ensemble à Laval » à l’échelle locale : philosophie d’intervention développée par Ville de Laval;
  • recherche sur la situation des immigrants dans le secteur de la RUI dont les objectifs sont de :
    • tisser des liens avec la population immigrante et les membres de minorités visibles, plus particulièrement les jeunes, ainsi que les organismes communautaires et institutionnels qui oeuvrent dans le secteur de la RUI de Chomedey ou en périphérie;
    • Informer, sensibiliser et accompagner les personnes immigrantes et les membres de minorités visibles dans les démarches de revitalisation de leur quartier et les outiller dans le but de devenir des citoyens autonomes et contributeurs;
    • Promouvoir l’accès et la participation à la collectivité locale et l’intégration au marché de l’emploi;
    • Renforcer le sentiment d’appartenance au milieu de vie dans le but d’augmenter la qualité de vie de toute la collectivité;
    • Identifier les problématiques d’insertion socioéconomique de la population immigrante et des membres de minorités visibles, en particulier les jeunes.

Comité emploi jeunesse : 9 membres

Mandat : mobiliser les partenaires concernés par l'emploi-jeunesse afin de favoriser l'intégration socio-professionnelle des jeunes éloignés du marché du travail.
Réalisations :

  • conception d'un modèle de continuum de services pour l'intégration socio-professionnelle des jeunes en difficulté éloignés du marché du travail ;
    expérimentation du modèle auprès de 2 cohortes de jeunes.

Comité logement : 3 membres

Mandat : favoriser le développement et effectuer les suivis de logements sociaux et abordables dans le secteur de la RUI.
Réalisation:

  • projet de 76 logements sociaux avec les caractéristiques LEED avec des espaces de socialisation.

Comité sécurité : 8 membres

Mandat : assurer la sécurité des résidents du secteur de la RUI.
Réalisations :

  • 6 marches exploratoires réalisées dans le secteur de la RUI ;
  • formation en aménagement urbain aux membres du comité de travail.

Comité pôle communautaire : 3 membres

Mandat : créer des lieux qui favorisent l'information, la formation, la prévention et le développement de services adaptés aux besoins du quartier.
Réalisations :

  • analyse des besoins du milieu et recherche de solutions ;
  • planification d'un pôle communautaire regroupant plusieurs organismes du milieu afin que ceux-ci puissent oeuvrer en complémentarité et cohérence, sans duplication de services.

Comité animation de quartier et participation citoyenne : 7 membres
Mandat : effectuer une réflexion sur la participation citoyenne, l'animation de quartier et le développement du sentiment d'appartenance dans le secteur de la RUI et supporter les autres comités de la RUI dans leurs activités.
Réalisations :

  • cafés citoyens intergénérationnels et multiculturels en lien avec les besoins du milieu ;
  • projet trajectoire : création d'une exposition multiarts (photos-musique-texte) par des jeunes du secteur pour découvrir et redécouvrir le quartier ;
  • participation à la fête de quartier.

Comité sécurité alimentaire : 8 membres
Mandat : favoriser la mise en place de mécanismes appropriés pour répondre adéquatement à la problématique du dépannage d'urgence, en favorisant l'arrimage entre les organisations ; assurer une offre de services diversifiée en sécurité alimentaire en développant des alternatives au dépannage d'urgence.
Réalisations :

  • analyse des projets existants ;
  • portrait de l'offre de services en sécurité alimentaire sur le territoire de la RUI.

Comité activité physique : 7 membres
Mandat : mettre en place des projets pour contrer la sédentarité et favoriser le développement de saines habitudes de vie.
Réalisations :

  • participation au projet Mon école à pied, à vélo ;
  • réalisation d'un trajet sécuritaire pour l'aller et le retour à l'école ;
  • expérimenter un continuum de support en activité, durant 3 ans, à une centaine de jeunes de l'école Les Quatre-Vents ;
  • sondage auprès de la population en matière de sport, de loisir et de plein air.

Comité environnement urbain : 4 membres
Mandat : favoriser la mise en place de projets permettant de réduire l'empreinte écologique du quartier, l'amélioration de l'offre pour le transport actif et l'amélioration de la qualité du paysage urbain.
Réalisations :

  • création d'une piste multifonctionnelle (en cours de réflexion) ;
  • trajet sécuritaire pour l'aller et le retour à l'école ;
  • analyse de l'empreinte environnementale du secteur.

Défis

Lors de l'implantation de la démarche, les 6 plus grands défis ont été :

  • d’amener les partenaires à passer du sectoriel à l’intersectoriel et à se distancer de leurs propres objectifs pour mettre le focus sur les besoins de la communauté à revitaliser ;
  • de regarder une communauté avec d’autres lunettes que celles des problématiques et des besoins, et répondre de façon novatrice et multisectoriel ;
  • de travailler sur l'histoire, le potentiel et les forces du milieu ;
  • de travailler dans le cadre d'un plan d'action ouvert et évolutif ;
  • de travailler dans le cadre du DD en tenant compte simultanément des aspects sociaux, économiques et environnementaux alors que les partenaires travaillent presqu’exclusivement sur le plan social ;
  • de comprendre que la participation citoyenne doit être inclusive, intégrant conséquemment des institutions, des organismes communautaires, des experts, des entreprises, des citoyens non affiliés, etc.

Tous ces défis ont été relevés après 2 ou 3 années d’un travail exigeant. Un bilan effectué en 2011 par les membres du comité de consultation et des comités de travail a été très éloquent : unanimement les membres des divers comités ont dit n’avoir jamais vécu un processus de concertation intersectoriel de ce type: « Tous étaient venus donner et non chercher », telle était en bref leur lecture. Un enregistrement vidéo des activités de la RUI a été produit.

L’impact majeur de ce projet est la reconnaissance, par les partenaires régionaux, des effets bénéfiques d’une approche intégrée pour un milieu défavorisé. Cette reconnaissance se traduit par le choix de la région, dans le cadre du dossier de la lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale du gouvernement du Québec, de réaliser deux autres agendas 21 locaux dans deux secteurs urbains (poches de pauvreté) à Laval.

Leçons apprises

L’approche de revitalisation urbaine intégrée (RUI), associée au développement durable et à une application territoriale, à travers l'outil agenda 21 local, a permis d'établlir un certain nombre de conditions de réussite :

  • mobiliser les partenaires et maintenir cette mobilisation;
    un projet de revitalisation doit être considéré comme un processus à long terme ;
  • maintenir le focus sur les besoins de la communauté et non sur les objectifs des organisations ;
  • disposer d'un budget suffisant pour coordonner le projet et pour mener à terme des projets reconnus prioritaires par le milieu ;
  • avoir un leadership fort ;
  • accompagner les acteurs dans la démarche de façon régulière et continue (formation, information, organisation et suivis de réunions, etc.) ;
  • agir en toute transparence et assurer une bonne communication entre les acteurs ;
  • amener les partenaires à s'engager à long terme, à partager leurs ressources, à les rendre disponibles en assouplissant les normes de leurs programmes lorsque requis ;
  • amener les partenaires à travailler en synergie, en complémentarité, sans duplication des services ;
  • créer un climat propice à l'action, le plus tôt possible, par la réalisation de projets concrets, signes tangibles de l'impact de leur participation.

Perspectives

L’expérimentation d’une démarche d’application territoriale de développement durable dans un secteur de Laval a permis de réaliser qu’il s’agit d’une approche prometteuse, en mesure de générer un partenariat intersectoriel sans précédent et capable d’atteindre les changements de comportement et de façon de faire souhaités.

Dans un tel contexte, il est permis de croire que ce modèle expérimental en deviendra un de développement.

Informations supplémentaires

Définition de l'approche intégrée

La définition de l’approche intégrée était inscrite dans l’Entente de partenariat sur la revitalisation urbaine intégrée (RUI), signée par les partenaires financiers du projet : le MAMROT, la CRÉ DE LAVAL, la Ville de Laval, le Forum jeunesse Laval, Emploi-Québec et le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Elle se lit comme suit :

« La RUI est une approche qui repose sur la concertation des citoyens, des représentants des secteurs privés et publics, tant gouvernementaux que municipaux, des élus et des organismes communautaires qui travaillent ensemble à établir un diagnostic de secteurs défavorisés ciblés, à identifier des actions prioritaires et structurantes pour leur milieu, tant au niveau du cadre de vie (le cadre bâti, l’aménagement urbain, etc.) que pour améliorer les conditions socio-économiques des résidents. Si les principes sont bien les mêmes, chaque milieu a sa dynamique propre et sa façon de travailler. Les conditions environnementales y sont également différentes et par conséquent les moyens et les choix privilégiés diffèrent d’une ville à l’autre et d’un secteur à l’autre. »

Dans certaines régions du Québec, la notion d’approche territoriale intégrée (ATI) est plus utilisée. Voici sa définition :

« L’ATI se caractérise par une concertation des acteurs, et par une intervention intersectorielle qui place l’amélioration de la situation des membres de la communauté au centre d’une action globale et qui accroît la capacité d’agir tant des collectivités que des personnes qui les composent. Elle contribue à une meilleure synergie entre le développement économique local et le développement social et à un meilleur arrimage des différentes stratégies sectorielles visant l’amélioration des conditions de vie des milieux défavorisés. »

Conclusion

La revitalisation urbaine intégrée vécue à Laval, a permis de mesurer, à l’échelle locale, la force de l’approche intersectorielle. Les organisations participantes ont su mettre le focus, et le maintenir, sur les besoins de la communauté en revitalisation et non sur les objectifs de leurs organisations. Elles ont consenti à mettre en commun leurs ressources, leurs expériences et leurs expertises. Ils sont venus donner et non chercher.

L’expérience, quoique à ses débuts, a été concluante en terme d’impact, au point où les partenaires régionaux ont opté d’amorcer 2 agendas 21 locaux dans 2 autres secteurs de Laval possédant les mêmes caractéristiques, en terme de défavorisation et de dévitalisation.

Comment citer ce texte ?

CONFÉRENCE RÉGIONALE DES ÉLUS DE LAVAL. (2011). « Revitalisaiton urbaine intégrée, développement durable et A21l dans un quartier défavorisé de Ville de Laval. Agir pour une communauté écocitoyenne ». Dans GAGNON, C. (Éd). Guide québécois pour des Agendas 21e siècle locaux, [En ligne] http://soluss.uqac.ca/AL21/21715_fr.html (page consultée le jour mois année).

Pour aller plus loin...

Plan stratégique 2008-2013 de la Conférence régionale des élus de Laval
Plan d'action pour la revitalisation urbaine intégrée (RUI). Bâtir une communauté écocitoyenne
Portrait du territoire lavallois ciblé pour une reivtalisation urbaine intégrée (RUI)
La revitalisation urbaine intégrée (RUI) dans un secteur de Chomedey. Rapport final de l'entente partenariale 2009-2009-2010
MAMROT
Ville de Laval
Forum jeunesse Laval
Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF)
Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS)
Cartes des secteurs de RUI (CRÉ DE LAVAL)

Dernière modification: 16 septembre 2013

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