MRC de la Matawinie

 

Description des caractéristiques du territoire

La Matawinie, située au nord-est de la région de Montréal, est une des six Municipalités régionales de comté (MRC) de la région administrative de Lanaudière. Elle tient son nom de la rivière Matawin (qui signifie en langue atikamekw, la rencontre des eaux) qui coule au nord du territoire. La MRC couvre une étendue de plus de 200 km du nord au sud et représente une superficie totale de près de 11 000 km2, ce qui en fait le plus grand territoire de la région Lanaudière (carte 1).

L’aménagement du territoire est marqué par une concentration de la population au sud alors que le nord forme un grand territoire boisé à fort potentiel d’exploitation forestière. La densité de la population est faible, soit 5 hab/km2. La Matawinie est également reconnue pour ses paysages, ses lacs (plus de 10 600) et la gamme d’activités récréatives qui en font un site de choix à la fois pour le tourisme régional et pour la villégiature, particulièrement en saison estivale.

La population totale de la région de Lanaudière est de 407 937 habitants, dont 47 588 vivent dans la MRC de la Matawinie. Au sud de cette MRC, il y a quinze municipalités et, au nord, une réserve atikamekw ainsi que des territoires non organisés. La Matawinie possède une diversité culturelle unique. En plus de la communauté atikamekw, on compte plus d’une trentaine de nationalités dans la seule municipalité de Rawdon qui est d’ailleurs la plus peuplée du territoire « mercéen » avec environ 10 000 habitants.

 

Du point de vue de la population, celle-ci est vieillissante. Le groupe d’âge le plus important est celui des 45-65 ans. En 2001, 45 % de la population âgée de 15 ans et plus ne possédait pas de certificats d’études secondaires. De plus, on dénombrait 12 035 familles vivant avec un faible revenu. Ces quelques brèves caractéristiques font croire que la MRC de Matawinie est la plus défavorisée de la région de Lanaudière.

 

Carte 1 : le territoire de la MRC de Matawinie

Historique de la démarche citoyenne Retour au haut de page

En 2004, certains organismes de développement socio-économique de la Matawinie, tels que le Centre local de services communautaires (CLSC), la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC), le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) et Les Filandières, ont initié une démarche de participation citoyenne, et ce, dans une perspective de développement durable. Cette initiative se voulait une poursuite de l’initiative d’animation locale qui a eu lieu en 1997-1998 dans trois municipalités (Saint-Jean-de-Matha, Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Sainte-Béatrix) de la MRC, à la suite des recommandations du forum sur la pauvreté en Matawinie (1997). L’idée de cette démarche est issue des agents de développement de la région de Lanaudière qui ont suivi une série de formations en animation territoriale et en développement durable. Le principal objectif était de développer une nouvelle dynamique territoriale avec la participation active des citoyens, et ce à toutes les étapes de la démarche et selon une perspective de développement durable viable.

Ainsi, cette initiative, mieux connue sous le nom de Projet de participation citoyenne Matawinie, fut soutenue par les organismes de développement socio-économique mentionnés précédemment. Pour lancer cette initiative, le comité organisateur a fait appel à Monsieur Loïc Dutay, un formateur expert du développement local et de la participation citoyenne, œuvrant depuis plus de 25 ans dans ce domaine. Ainsi, les organismes présents, à savoir les initiateurs de la démarche, en plus d’une soixantaine de citoyens ont suivi diverses formations sur la méthode et les moyens pour arriver à un projet de territoire durable viable pour la Matawinie. Elle consiste à mobiliser les citoyens, et par le fait même, les élus et les organismes de développement, à mieux agir sur le développement de leur territoire en prenant part activement à des projets qu’ils ont eux-mêmes élaborés et qui respectent les principes du développement durable.

Se donner une structure de travail adéquate Retour au haut de page

La structure de travail, qui a été mise sur pied au début de 2004, se compose d’un noyau porteur et de cinq comités thématiques. Ces comités, composé chacun d’une dizaine de citoyens chacun, abordent des thèmes différents qui illustrent les préoccupations de développement de citoyens :

  • alimentation et agriculture ;
  • logement et pauvreté ;
  • environnement et qualité de vie ;
  • culture et vivre ensemble ;
  • opportunités et nouveaux emplois (figure 1).

 

Figure 1 : structure de travail

 

Le noyau porteur

Aussi nommé le comité de participation citoyenne Matawinie, le noyau porteur regroupe trois représentants (généralement les trios d'animation) issus de chacun des cinq comités thématiques, pour un total de quinze personnes. Un trio d’animation est composé généralement d’un animateur, d’un co-animateur et d’un secrétaire de comité. Ce comité est un lieu de partage et d’information sur la démarche entre les différents comités citoyens. Le noyau se réunit au besoin, soit environ une fois par mois.

Les comités citoyens

Les comités citoyens, au nombre de cinq, sont composés en majorité de citoyens des différentes municipalités du territoire de la MRC Matawinie. Dans ces comités, un trio d’animation est présent afin de faire avancer, de façon structurée, les idées et les projets des citoyens. Dans les comités, les animateurs sont généralement des agents de développement du territoire, car ces derniers sont les personnes qui possèdent le plus d’expérience en animation de groupe. Cependant, ils ne se limitent qu’à donner les droits de parole, relancer les discussions, etc. Pour les deux autres fonctions, soit le co-animateur et le secrétaire, ces postes peuvent être occupés par des citoyens, des élus ou autres.

La démarche a été financée grâce aux contributions de la SADC Matawinie et de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Lanaudière via le Fonds de développement régional. La SADC Matawinie, en plus de contribuer financièrement, a contribué en déléguant certains membres de son équipe de professionnels. Il en va de même pour le Centre communautaire bénévole Matawinie (CCBM), le CLSC Matawinie et le Carrefour jeunesse emploi (CJE) Matawinie, en plus de quelques maires et conseillers municipaux du territoire. Le financement a servi à payer les formations offertes par Monsieur Loïc Dutay, la location de salle et les repas offerts lors de formations aux participants. La grande majorité des dépenses ont eu lieu lors des deux premières années du projet. Pour la troisième année, puisque les comités sont à l’étape de réaliser des projets et initiatives, les responsables doivent faire la recherche de financement propre à chaque projet, au cas par cas.

Comment s’est organisée la démarche collective ? Retour au haut de page

En 2004, le processus a débuté par le rassemblement d’un petit groupe d’agents de développement et d’élus. Ce groupe a mobilisé des citoyens de la MRC de la Matawinie afin qu'ils participent aux rencontres des comités thématiques, selon leurs affinités et préoccupations.

Un diagnostic fait par les citoyens

Pendant environ un an, soit de 2004 à 2005, les différents comités thématiques ont effectué un diagnostic de leur territoire selon un thème spécifique. Pour réaliser ces portraits de la région, les membres des comités se sont basés, dans un premier temps, sur leurs perceptions, connaissances, etc. Par la suite, ils ont effectué une recherche de données statistiques, des études et rapports, etc., afin de valider leurs perceptions et leurs connaissances. Durant tout le processus, des intervenants de différents organismes les ont guidés et leur ont fourni différentes informations nécessaires pour la réalisation des portraits thématiques. Voici les constats transversaux des cinq diagnostics :

  • désir de protection de l’environnement et de la diversité du patrimoine ;
  • faire face à un environnement qui se complexifie (coûts plus élevés, augmentation des normes à respecter, etc.) ;
  • manque de ressources (financières, matérielles, programmes d’aide, etc.) ;
  • citoyens mal informés (droits, programmes, ressources, etc.) ;
  • bon potentiel naturel à exploiter (ressources humaines, paysage, matières premières à valoriser, etc.) ;
  • exode des jeunes vers les centres urbains ;
  • navettage de la majorité des travailleurs vers Montréal ;
  • faible niveau de scolarité ;
  • difficulté d’accessibilité aux services (transport, éloignement, etc.) ;
  • nécessité de réintroduire les exclus dans la société ;
  • liens intergénérationnels de moins en moins présents.

Plusieurs constats plus spécifiques ont été mentionnés, mais les lister isi serait trop long.

Prioriser les problématiques

La deuxième année, soit 2006, a servi à cibler quelques problématiques jugées prioritaires par les comités. Ensuite, une analyse plus poussée du territoire et des projets déjà réalisés a été faite afin d’identifier les lacunes :

  • manque de formation de la population ;
  • difficulté d’approvisionnement en tout ;
  • carence de main-d’œuvre à faible coût ;
  • insuffisance de produits biologiques locaux et de nourriture pour l’aide alimentaire ;
  • augmentation des coûts, difficulté d’accès aux ressources ;
  • difficulté de se conformer aux règlements puisqu’ils sont non adaptés au milieu rural ;
  • faible connaissance par les citoyens de leurs droits et des programmes mis à leur disposition ;
  • ignorance réelle ou mauvaise foi de certaines personnes concernant des notions environnementales de base ;
  • faible niveau de considération des désirs des citoyens dans les décisions des municipalités, des élus, etc. ;
  • faible intérêt des citoyens à s’impliquer dans le développement de leur région ;
  • difficulté de rejoindre toutes les générations et d'impliquer les exclus.

Assemblée des membres des comités citoyens

Le 1er octobre 2005, un rassemblement de tous les citoyens impliqués a eu lieu dans le village de Saint-Alphonse-Rodriguez, où durant une journée, les membres des comités citoyens ont pu se rencontrer. Il s’agissait de la première fois que les citoyens pouvaient échanger entre eux et rencontrer tous les citoyens, qui comme eux, sont impliqués dans cette démarche de territoire durable viable.

Cette journée avait pour but de donner une formation sur les étapes du processus dans lequel les comités citoyens évoluent. Cette journée coïncidait avec la fin de la première étape, soit le diagnostic. Par le biais de cette journée, les participants ont pu avoir une meilleure vision de l’ampleur de la démarche, des étapes à réaliser et des moyens à utiliser pour y parvenir. Les participants ont aussi réalisé un exercice de prospective qui se voulait un moment de réflexion pour imaginer, de façon réaliste, une meilleure situation pour le territoire. Les commentaires sur les attentes peuvent se résumer ainsi :

  • population sensibilisée aux enjeux environnementaux et au développement durable (prise de conscience et action) ;
  • valorisation de l’entraide et de la solidarité ;
  • priorité mise aux produits locaux (sécurité alimentaire) ;
  • mobilisation et pressions des individus pour influencer la prise de décision des élus ;
  • mobilisation autour de la rétention des jeunes dans les régions et afin qu’ils vivent bien ;
  • retour des diplômés dans leur région ;
  • augmentation des échanges intergénérationnels ;
  • instauration de système de transport collectif abordable ;
  • milieu agricole local capable de fournir des denrées nécessaires aux habitants de la région (autosuffisance) ;
  • meilleur contrôle des forêts publiques et privées (plus de reboisement et plus rapidement) ;
  • meilleure gestion des déchets résiduels autant domestiques qu’industriels ;
  • augmentation du sentiment d’appartenance des résidents de la Matawinie ;
  • échanges plus fréquents et positifs avec les autochtones de la Manawan ;
  • instauration d’aires publiques destinées à la communauté et propices à l’activité physique pour tous les groupes d’âge ;
  • diminution de la pauvreté ;
  • aide plus présente et accessible disponible pour les familles démunies ;
  • augmentation de la disponibilité d’emplois en Matawinie (bons salaires et bonnes conditions) ;
  • accessibilité aux services médicaux.

Des exemples de pistes d’action

En fonction des problématiques ciblées et des résultats espérés, les membres des comités devaient élaborer des pistes d’actions réalistes qui feraient le lien entre les problématiques et la situation espérée sur le territoire, à l'aide de l'outil prospective. Ces pistes d’actions devraient déboucher sur des projets élaborés et réalisés par les comités de citoyens. Voici un aperçu des pistes d'action :

  • faire une analyse pratique des enjeux du développement durable sur le territoire ;
  • sensibiliser les citoyens et les élus ;
  • faire émerger des projets (participation citoyenne) ;
  • donner des formations ;
  • amener un changement des habitudes de consommation ;
  • développer une conscience environnementale.

En janvier 2008, les comités débutaient l’étape de réalisation des pistes d’actions.

La 8e Université de Pays en Matawinie

En octobre 2006, le territoire de la Matawinie a été l’hôte pendant six jours de la 8e Université de Pays. Cet événement se voulait un lieu de rencontre entre les acteurs du développement territorial de quelques territoires de la province de Québec (provenant majoritairement de la région de Lanaudière), de la France, de la Guadeloupe et du Maroc. Lors de ce colloque, plus de 200 participants ont pris part à des ateliers de discussion, tables rondes, visites terrain, etc. Pour la 8e édition de l’Université de Pays, le thème transversal était : « À l’ère du développement durable, entre hier et demain : le défi de la relève et l’indispensable chaînon de la jeunesse ».

Lors de ce colloque, les ateliers étaient basés sur les problématiques ciblées par les comités thématiques (voir figure 1). Afin de compléter ces problématiques, d'autres ont été ajoutées en provenance des autres démarches citoyennes de la région de Lanaudière. Les participants ont pu constater que les problématiques vécues sur leur territoire ressemblent à celles de la France métropolitaine et de la Guadeloupe.

Cet événement a permis de transmettre aux différents groupes citoyens des outils ou idées de projets reliés à leurs problématiques. Ainsi, plusieurs projets locaux ou régionaux sont en préparation.

Quel suivi ? Retour au haut de page

Présentement, le suivi de la démarche revient au noyau porteur de la démarche. Ce comité s’assure de maintenir la démarche active dans son ensemble. Il s’est engagé à assurer l’avenir de la démarche par la mobilisation des citoyens, des élus et des organismes du territoire, mobilisation qui est fragile. Ce comité élabore actuellement une série de règles, un code d’éthique et de principes. Le but de cette démarche est de disposer des documents auxquels se référer lors de certaines situations et d’assurer que tous les comités citoyens adoptent les mêmes règles et principes.

Quelles sont les réalisations en cours ? Retour au haut de page

La démarche de participation citoyenne a permis d’ouvrir la porte à un nouveau mode de gouvernance territoriale. Ainsi, les élus et les organismes de développement ont pu constater que la participation des citoyens au développement du territoire n’est pas une menace à leur pouvoir de décision, mais plutôt une assurance que les projets réalisés sont à l’image de la réalité vécue par les citoyens pour qu'ils reçoivent l'appui du milieu, ce qui augmente leur chance de succès.

Parmi les initiatives issues des comités citoyens, deux projets sont en cours de réalisation. Ainsi, le comité logement et pauvreté a procédé à l’incorporation de son groupe nommé Les citoyens bâtisseurs. Ce groupe centre principalement son action sur la lutte à la pauvreté et l’exclusion sociale en offrant un support à toute initiative du milieu en lui fournissant l’accès à un logement abordable et de qualité. Leurs services ont été requis pour une démarche initiée conjointement par les municipalités d’Entrelacs et de Notre-Dame-de-la-Merci.

Un autre projet, piloté par le comité alimentation et agriculture (COPAC MAAM), porte sur une mise à niveau des connaissances en agroforesterie et en multifonctionnalité agricole en Matawinie et la détermination de pistes d’action collective.

Quelles leçons apprises à ce jour et quels défis à venir ? Retour au haut de page

Dans l’ensemble de la démarche, quelques éléments sont à corriger ou à réévaluer. Ainsi, L'expérimentation nous apprend qu'au niveau du territoire choisi, il aurait été préférable de déterminer l’étendue du projet de territoire en formant des bassins de vie (ce qui peut inclure un regroupement de municipalités) plutôt que de cibler un territoire selon le découpage administratif, lequel n'est pas nécessairement représentatif des bassins naturels de vie.

De plus, dans l’organisation des différentes rencontres, nous n’avons pas tenu compte de certaines réalités saisonnières. En effet, puisqu’une partie de la population du territoire travaille dans le domaine agricole et qu’un grand nombre de citoyens participe à la chasse, le taux de participation citoyenne dans nos comités subissait une importante diminution, durant la période des semences, des récoltes et de la chasse. Ainsi, comme les comités ont dû prendre un temps d’arrêt, la démarche a été plus longue que la planification initiale. Il est donc important de tenir compte des réalités singulières et contextuelles lors de la réalisation d’une telle démarche de planification de développement durable viable.

De même, la préparation de la 8e édition de l’Université de Pays en Matawinie a causé un essoufflement au sein des comités de citoyens. Il est important de respecter les limites d’implication du citoyen.

Une des plus belles réalisations, de notre point de vue, est l’amélioration de la synergie entre les organismes de services et de développement, due en grande partie à l’implication de plusieurs d’entre eux dans l’animation et le soutien de la démarche.

Garder la mobilisation des membres des comités citoyens et en intéresser de nouveaux sont deux des plus grands défis à relever pour l'avenir. Il faudra aussi maintenir la nouvelle synergie entre les organismes de développement de la Matawinie ainsi que poursuivre le fonctionnement avec des modes différents de participation tels que :

  • la mobilisation par thématique ;
  • la mobilisation par population cible ;
  • la mobilisation par bassin de vie ;
  • la mobilisation à partir d’une communauté locale d’appartenance (ex. village).

Aussi, il faudra s’assurer une coordination et une cohésion entre tous les projets en émergence au niveau de la Matawinie.

En conclusion, soutenir un projet de territoire durable et viable, sur la base de la participation citoyenne, est un travail à long terme et d’envergure. Il est bien important de prendre conscience, autant pour les élus, les organismes impliqués et les citoyens, que les résultats concrets de tous les efforts mis dans ce type de démarche ne seront perceptibles clairement qu’à long terme. Il ne faut surtout pas se décourager : le jeu en vaut la chandelle !

Comment citer ce texte ?

LANDREVILLE, J. (2008). « L’Agenda 21e siècle local de Matawinie. Participation citoyenne et démarche de territoire durable viable ». Dans GAGNON, C. (Édit.) et E., ARTH (en collab. avec). Guide québécois pour des Agendas 21e siècle locaux : applications territoriales de développement durable viable [En ligne] http://www.demarchesterritorialesdedeveloppementdurable.org/9696_fr.html (page consultée le jour mois année).

Pour aller plus loin...

Le site Internet de la MRC de la Matawinie

Dernière modification: 9 août 2016

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