MRC de la Nouvelle-Beauce

 

Mario Caron

La planification stratégique de développement durable de la MRC de la Nouvelle-Beauce,

Résumé
Pour donner suite au 25e anniversaire de la MRC en 2007, le conseil a décidé de réunir les différents leaders de la Nouvelle-Beauce afin de réfléchir ensemble sur l’avenir de notre communauté. C’est ainsi qu’en juin 2008, la MRC de la Nouvelle-Beauce a initié une démarche de planification stratégique au titre significatif de « Vision 2025, ensemble bâtissons l’avenir ». Cette invitation s’adressait à tous, citoyens résidants, bénévoles et entrepreneurs, jeunes et aînés. La finalité de cet exercice a donné lieu à la rédaction d’un énoncé de vision stratégique ainsi qu’à l’identification de défis à relever et d’actions à entreprendre à court, à moyen et à long terme en lien avec les trois composantes du développement durable à savoir l’amélioration du cadre de vie, du milieu de vie et du niveau de vie de l’ensemble de la communauté de la Nouvelle‑Beauce.

Description du territoire Retour au haut de page

La MRC de La Nouvelle-Beauce est un milieu de vie très dynamique qui offre la tranquillité de la campagne et la proximité de la ville. Elle est située au cœur de la région de Chaudière Appalaches, à 20 minutes des ponts de Québec jusqu’à Sainte-Marie. Traversée du nord au sud par l’autoroute 73, elle se trouve aussi à proximité de l’autoroute 20. Elle compte, en 2010, plus de 33 000 habitants répartis sur un territoire de 900 km2 comprenant 11 municipalités (carte 1).

Ce territoire se caractérise par des activités très diversifiées sur le plan économique. On y recense aujourd’hui plus de 158 entreprises manufacturières qui procurent plus de 30 % des emplois. Le secteur tertiaire est celui qui génère le plus grand nombre d’emplois sur le territoire. Plus de 1 400 commerces et services y sont répertoriés. L’esprit d’entrepreneuriat beauceron n’est sûrement pas étranger à ce phénomène ! Par ailleurs, l’agriculture et l’agroalimentaire demeurent les secteurs d’activités dominantes de l’économie de la MRC de La Nouvelle-Beauce.

Carte 1 : Territoire de la MRC de La Nouvelle-Beauce

Présentation du projet

Pour donner suite au 25e anniversaire de la MRC en 2007, le conseil a décidé de réunir les différents leaders de la Nouvelle-Beauce afin de réfléchir ensemble sur l’avenir de la communauté. Le but poursuivi était d’établir une vision et un projet de société pour les 15 prochaines années. Cette démarche tombait à point. Le contexte économique difficile a renforcé le sentiment d’urgence vis à vis cette réflexion. C’est ainsi qu’en juin 2008, en pleine période de récession, la MRC de La Nouvelle-Beauce a initié une démarche de planification stratégique au titre très significatif de « Vision 2025, ensemble bâtissons l’avenir ». Cette invitation s’adressait à tous, citoyens résidants, bénévoles et entrepreneurs, jeunes et aînés. L’approche stratégique permettait également aux élus(es) de jouer son rôle de chef de file de la collectivité et de conduire cette dernière vers ce qui peut être considéré comme étant favorable à un mieux-être collectif. Une implication particulière des élus des onze municipalités qui la compose était fortement souhaitée.

La coordination du projet fut sous la responsabilité de l’aménagiste principal de la MRC. Cette dernière procéda également à l’embauche d’un consultant externe en planification urbaine et régionale pour l’assister dans cette démarche. Le projet de planification stratégique a été financé grâce aux contributions du Centre local d’emploi de Sainte-Marie, du pacte rural, du regroupement des Caisses Desjardins de Chaudière-Nord ainsi que des quotes-parts de toutes les municipalités du territoire.

Quels objectifs de la planification stratégique dans une perspective de développement durable?

Les objectifs poursuivis par la planification stratégique de la MRC de La Nouvelle-Beauce visent :

  • à mieux protéger les milieux naturel et bâti;
  • à optimiser l’utilisation des infrastructures, des équipements et des services publics, tout en répondant aux besoins particuliers de la population actuelle et future de chacune des communautés;
  • à harmoniser la planification et l’emplacement des équipements et des services collectifs en s’assurant particulièrement de la meilleure accessibilité possible (ex. : gestion des déchets, trans¬port communautaire, espaces récréatifs, infrastructures routières, réseaux cyclables, etc.) et de leur viabilité;
  • à favoriser le maintien des services de proximité privés ou pub¬lics dans les milieux ruraux en dévitalisation (ex. : école, bureau de poste, dépanneur, église, etc.);
  • à contribuer à la santé et à la sécurité publique, au bien-être gé¬néral des personnes, ainsi qu’à la protection de l’environnement par une meilleure harmonisation des usages sur le territoire;
  • à optimiser, par une meilleure planification, les espaces indus¬triels et commerciaux, les retombées des investissements publics et privés consentis ;
  • à favoriser un développement économique respectueux des personnes et de l’environnement;
  • à créer un environnement et des conditions favorables à l’émergence de projets moteurs de l’économie dans les différents secteurs d’activité (industrie manufacturière, agriculture, tourisme, commerces et services, etc.).

Le conseil de la MRC de La Nouvelle-Beauce a choisi d’inscrire l’exercice de planification stratégique dans la perspective du développement durable. À cet égard, elle réserve une place importante aux trois dimensions du développement durable, à savoir le cadre de vie, le milieu de vie et le développement économique.

Quelle démarche ?

L’exercice de planification stratégique s’est articulé selon cinq grandes étapes, à savoir :

  1. L’élaboration d’un diagnostic visant à définir la situation actuelle de la Nouvelle-Beauce et les tendances des différents secteurs d’activités sociocommunautaires et économique. Ce diagnostic sert à répondre aux questions : Où en sommes-nous et où allons-nous ?
  2. La tenue de rencontres avec les différents intervenants du milieu afin de connaître leurs préoccupations en lien avec leur domaine d’intérêt.
  3. La tenue d’un forum réunissant l’ensemble des personnes ayant participé à la seconde étape afin de définir ensemble les principaux défis et actions à entreprendre au cours des prochaines années. Dans les rencontres sectorielles et au forum, les organisations, la population sont invitées à partager leurs valeurs et aspirations. La question qui se pose alors est : où voulons-nous aller ? Les valeurs conditionnent les énoncés de la planification stratégique par le fait qu’elles expriment le mode de vie et la façon de faire de nos intervenants.
  4. L’élaboration d’une vision stratégique et d’un plan d’action qui servira à la mise en œuvre de la planification stratégique. Là, les orientations et les actions à entreprendre pour la réalisation de la vision stratégique « choisie » sont cernées. Qui fera quoi? Le calendrier? Les moyens financiers? On a alors répondu à la question : Comment nous y prendre ?
  5. Le conseil de la MRC va prendre les prochains mois pour évaluer l’ensemble des actions inscrites dans le document. D’autres actions s’ajouteront probablement en fonction des études en provenance des partenaires; certaines s’élimineront faute de « porteurs » ou d’autres raisons économiques. Elles seront déplacées dans le temps ou abandonnées. Cette démarche est évolutive et demandera un suivi et, assurément, un retour auprès des partenaires.

La première étape du diagnostic a permis de connaître la situation actuelle de la Nouvelle-Beauce. À cet égard, onze fascicules ont été rédigés portant sur le contexte d’intervention de la planification stratégique, le profil démographique, le profil socioéconomique, le patrimoine, le tourisme, le milieu urbain et rural, l’organisation municipale, l’agriculture et la forêt, l’industrie et le commerce, le transport, et finalement, sur le contexte environnemental et énergétique.

Afin de cerner les préoccupations des différents intervenants des secteurs public et privé, le consultant et le chargé de projet de la MRC ont tenu une vingtaine de rencontres interpellant plus de 250 personnes œuvrant dans différents secteurs d’activités économiques et sociaux. C'était la deuxième étape de l'exercice de planification stratégique.

Les rencontres, tenues en soirée, débutaient par la présentation de certains éléments du diagnostic relatifs à la démographie, au profil socioéconomique de la Nouvelle-Beauce ainsi que des aspects liés au secteur d’activités les concernant particulièrement. Le nombre moyen de participants variait entre 12 et 30 personnes par rencontre. Par la suite, des questions étaient posées aux participants afin de connaître leurs réactions sur le diagnostic. Elles avaient également pour but de mieux identifier les préoccupations en lien avec leur secteur d’activités. Un compte rendu de chacune des rencontres a été rédigé.

Par la suite, les sous-groupes furent réunis en quatre grandes tables :

  • la table économique regroupant des personnes provenant des secteurs manufacturiers, commerces et services, tourisme, agriculture et forêt;
  • la table sociocommunautaire regroupant des personnes provenant des secteurs de la santé, de l’éducation, de la formation et de la main-d’oeuvre, des loisirs, de la culture et du bénévolat;
  • la table milieu rural et urbain, transport et environnement;
  • la table sur l’organisation municipale.

Ces groupes d’une vingtaine de personnes étaient subdivisés en trois sous-groupes et les échanges portaient sur l’ensemble des préoccupations soulevées antérieurement par les sous-tables. Un document faisant état des principales préoccupations, des enjeux, des éléments de solutions, menés lors des rencontres sectorielles, servait à animer les échanges. Le choix de cette méthode avait pour but de faire ressortir les préoccupations des intervenants œuvrant dans les secteurs sociaux, culturels, de la santé, etc., au même titre que celles des intervenants économiques en raison de l’importance que prend la notion de milieu de vie dans un exercice de planification stratégique axé sur le développement durable.

Lors de ces travaux en tables sectorielles, les personnes présentes devaient à la fin des discussions prioriser les préoccupations. On demandait donc aux participants de coter ces préoccupations selon leur importance

(3 = Très importante, 2 = Importante 1 = Peu importante) et l’objectif poursuivi était de retenir les plus importantes afin de les présenter lors du forum à venir.

Le forum (troisième étape)

Le 30 mai 2009, un forum réunissant près d’une centaine de personnes s’est tenu à la polyvalente Benoît-Vachon à Sainte-Marie. Les municipalités étaient fortement représentées avec 35 personnes, suivi des organismes sociocommunautaires avec 17 représentants, le milieu des affaires était représenté par 13 personnes, la MRC et le CLD avec respectivement neuf et six personnes et auxquels s’ajoutèrent quelques citoyens. Lors de cette journée, neuf personnes sont venues témoigner de leur expérience respective et apporter leur point de vue sur certains aspects abordés lors des différentes rencontres en lien avec l’exercice de la planification stratégique.

À la suite des différents témoignages et à l’aide du document de travail élaboré, il était demandé aux participants d’identifier les préoccupations comme leur apparaissant les plus importantes, contrairement au premier exercice où aucune priorité de réalisation (très importante, importante, peu importante) n’a été faite. Car le premier exercice visait à identifier les préoccupations pouvant être retenues, alors que le second exercice visait plutôt à choisir lesquelles devaient être inscrites comme pouvant être réalisées à court terme, à moyen terme et à long terme.

Quel suivi ?

La finalité de cet exercice de planification stratégique donne lieu à la rédaction d’un énoncé de vision stratégique ainsi qu’à l’identification de défis à relever et d’actions à entreprendre à court, à moyen et à long terme, en lien avec les trois composantes du développement durable à savoir l’amélioration du cadre de vie, du milieu de vie et du niveau de vie de l’ensemble de la communauté de la Nouvelle Beauce. Cette dernière se positionne donc en adoptant l’énoncé suivant :

Assurer un avenir et une vitalité économique, sociale et culturelle à l’ensemble de la communauté de la Nouvelle-Beauce.

Le plan d’action constitue, avec l’énoncé de vision, un contrat social liant la MRC et ses partenaires, en vue d’appuyer stratégiquement le développement du territoire et de sa communauté. Il assure une occupation et une mise en valeur optimale du territoire. Ce plan d’action sera sous la responsabilité de la MRC et des acteurs concernés. Ainsi, le conseil a formé un comité pour assurer le suivi de la démarche de planification stratégique durable. Son mandat consiste à faire état périodiquement de l’avancement des travaux. Ce comité est formé des personnes suivantes :

  • 4 maires dont le préfet et le maire de la Ville de Sainte-Marie;
  • le directeur général de la MRC;
  • le directeur du service d’aménagement du territoire et du développement;
  • le directeur général du CLD;
  • un membre du C.A. du CLD;
  • un représentant du secteur économique;
  • un représentant du secteur de l’éducation;
  • un représentant des jeunes.

La coordination du suivi est assurée par l’aménagiste principal de la MRC. Le premier bilan annuel a été produit en 2010. Celui-ci faisait état des actions et réalisations entreprises dans l’année suite à la démarche de planification stratégique. En voici quelques exemples :

  • aménagement du Parc Nature Taschereau à Sainte-Marie (projet échelonné sur plusieurs années) ;
  • création d’une table de concertation sur l’immigration en Nouvelle-Beauce ;
  • développement d’une antenne collégiale du CÉGEP Beauce-Appalaches à Sainte-Marie;
  • étude sur l’organisation des soins de santé de 1re ligne en Nouvelle-Beauce.

Quels bénéfices et difficultés rencontrées?

La réalisation d’une démarche de planification stratégique apporte de nombreux bénéfices pour la communauté. En plus de permettre une mobilisation citoyenne et une concertation entre les gens de divers milieux, cette démarche permet une prise de conscience de la situation sociale et économique du moment et de ce que l’on souhaite pour l’avenir.

Toutefois, la plus grande difficulté rencontrée dans tout ce processus demeure la mobilisation des gens, surtout pour le suivi des actions identifiées. Plusieurs s’interrogent sur l’utilité de la démarche et s’ils seront vraiment écoutés. La disponibilité des gens est également une contrainte à l’avancement des dossiers. De plus, il est important de sortir des sentiers battus et d’aller chercher des jeunes et des gens moins connus du milieu puisque ceux-ci apporteront de nouvelles idées lors des discussions.

Et pour le futur?

Le principal défi pour les prochaines années est de maintenir la motivation et la mobilisation des gens. Il est également nécessaire d’avoir une personne responsable de la coordination pour s’assurer de la suite de la démarche. Par ailleurs, la mise en place d’actions nécessite dans la plupart des cas des ressources financières. Qui financera ces projets ? La recherche de financement est donc également un défi important.

En conclusion, le plan d’action résultant de la planification stratégique vise l’ensemble des municipalités de la MRC de La Nouvelle-Beauce. Les municipalités n’ont pas eu à adopter ce plan dans chacun de leur conseil respectif. C’est la MRC et ses partenaires qui voient à son application et à son suivi. Plusieurs projets sont actuellement en cours, dont entre autres l’aménagement du Parc Nature Taschereau à Sainte Marie et l’étude sur l’organisation des soins de santé de 1ère igne en Nouvelle Beauce. D’autres projets suivront dans les prochaines années.

Lors du lancement de la démarche de planification stratégique, le 18 juin 2008, le préfet de la MRC de La Nouvelle-Beauce, monsieur Richard Lehoux, proposait en guise de conclusion de « Voir plus loin et être proactif, car c’est le propre d’un milieu dynamique. Choisir la croissance, c’est vouloir être dans le train, faire partie du défilé. C’est aussi désirer un avenir meilleur pour nos résidants, nos organisations sociales et économiques, notre collectivité.» L’élaboration d’une planification stratégique nécessite de nombreuses heures de travail et la participation de plusieurs acteurs, mais tout ce travail en vaut la peine!

Comment citer ce texte ?

CARON, M. (2011). «La planification stratégique de la MRC de la Nouvelle-Beauce : Vision 2025, ensemble bâtissons l'avenir ». Dans GAGNON, C. (Éd). Guide québécois pour des Agendas 21e siècle locaux, [En ligne] http://soluss.uqac.ca/AL21/21720_fr.html (page consultée le jour mois année).

Pour aller plus loin...

Site de la MRC de la Nouvelle-Beauce

Dernière modification: 10 juin 2014

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