Saint-Lambert

 

Pierre-Michel Pelletier

Un outil pour l'avenir de la collectivité

Résumé

Le Plan de développement durable (PDD) de Saint-Lambert se veut un cadre de gestion concerté à la base du développement urbain de la Ville. Se basant au départ sur l’étude des différentes pratiques territoriales de développement durable (DD) et leurs réalités sociales, environnementales, économiques et culturelles, il s’articule autour de cinq axes d’intervention : la gestion municipale, l’efficacité énergétique et les gaz à effet de serre, la mobilité durable, l’eau, les matières résiduelles et les espaces verts. Le PDD comprend non seulement un portrait de Saint-Lambert, mais un plan d’action d’une soixantaine d’actions réparties sur cinq ans.

Histoire de Saint-Lambert et grandes affectations du territoire

Histoire de Saint-Lambert

Les origines de la Ville de Saint-Lambert remontent à la fin du 17e siècle. La ville actuelle est formée des extrémités de deux seigneuries, soit celle de La Prairie concédée aux jésuites en 1 647 et celle de Longueuil, concédée à Charles Le Moyne, négociant de Montréal, en 1657. L’actuelle avenue Victoria représente la ligne de division de ces deux seigneuries. À partir des années 1880, la municipalité de Saint-Lambert devient une banlieue résidentielle composée de la petite bourgeoisie à forte majorité anglo-protestante (cols blancs, cadres intermédiaires et représentants de la petite bourgeoisie d’affaires) dont le travail est souvent relié au monde ferroviaire. La population francophone et catholique au fil des décennies perdra sa majorité pour ne la reprendre que vers les années 1970.

 

L’année 1969 marque la fusion des villes de Préville et de Saint-Lambert. En janvier 2002, la Ville de Saint-Lambert est fusionnée avec sept autres villes de la Rive-Sud pour former la nouvelle Ville de Longueuil. Toutefois, à la suite d’un référendum, la Saint-Lambert est officiellement reconstituée le 1er janvier 2006, selon les modalités déterminées par la Loi 9 et divers décrets gouvernementaux.

 

Grandes affectations du territoire

La population de la Ville de Saint-Lambert est de 21 987 hab. et sa superficie de 6,43 km2. Les résidences unifamiliales constituent 57 % des logements de la ville. Le parc de logements unifamiliaux évolue peu, principalement à cause de la rareté de l'espace disponible.

 

Saint-Lambert est considéré comme un "grand village à dimension humaine", offrant boutiques, restaurants, galeries d'art et services de toutes sortes. Il comprend trois centres commerciaux : le Carré Saint-Lambert, le centre Victoria et le Carré 2000.

 

Le principal pôle commercial de la municipalité est le centre-ville, affectueusement surnommé « le village », qui compte près de 500 établissements commerciaux ou de services professionnels.

 

La Ville offre à ses résidents des établissements scolaires privés et publics, deux clubs de golf et de nombreuses activités socioculturelles, sportives et récréatives.

 

Le réseau des pistes cyclables relie Saint-Lambert aux villes environnantes et, par l'île Notre-Dame, offre un accès gratuit à Montréal. En automobile, le centre-ville de la métropole est à 10 minutes, en passant par le pont Victoria.

La démarche de DD

En juillet 2007, la Ville de Saint-Lambert a mis sur pied le comité de l’environnement, composé de citoyens et de conseillers municipaux. Son mandat était de réaliser différents projets afin de responsabiliser et de sensibiliser la Ville, ses commerçants, ses organismes et la population aux enjeux environnementaux, l'axe principal étant la gestion des matières résiduelles.

En mai 2010, le comité de l’environnement a présenté au conseil municipal un document de travail pour ses actions futures en matière d’environnement. Afin d’intégrer davantage des pratiques de DD dans son mode de gestion et de s’assurer d’être sur la bonne voie, la Ville a par la suite mandaté l’organisme Équiterre pour réaliser une évaluation professionnelle et indépendante de sa démarche de DD. Équiterre a ainsi examiné les meilleures pratiques au Québec, au Canada et à l’étranger et y a tiré des suggestions. Ces informations ont été compilées dans un document intitulé Évaluation de la démarche de DD de la Ville de Saint-Lambert, qui a été présenté à la Ville et au comité d’environnement en mars 2011. Celui-ci a entamé un exercice d’identification des priorités, suivi de la consultation citoyenne, en septembre 2011, où une cinquantaine de citoyens ont participé.

Lors de cette étape, le document de consultation Démarche de développement durable de la Ville de Saint-Lambert avait été présenté. Les citoyens avaient alors pris connaissance des grands enjeux de DD, particulièrement ceux portant sur l’environnement et le potentiel d’action des municipalités et des communautés. Le document en question incluait sept propositions d’orientations incluant 69 actions:

  1. intégration du développement durable à la gestion municipale;
  2. gestion des émissions de GES et efficacité énergétique;
  3. mobilité et aménagement du territoire;
  4. gestion de l’eau;
  5. gestion des matières résiduelles;
  6. espaces verts, verdissement et biodiversité;
  7. autres thématiques du développement durable.

Cette consultation publique a été primordiale pour confirmer la pertinence de la démarche et finaliser le PDD en fonction de la volonté exprimée par la population. Le PDD final a été adopté par le conseil municipal en février 2012, puis a été officiellement diffusé auprès de la population en mai 2012.

Objectifs et motivations de la démarche

Les objectifs et les actions de la Ville de Saint-Lambert s’articulent autour de six axes :

La Ville de Saint-Lambert offre une belle qualité de vie, entre autres, grâce à sa forêt urbaine et à ses nombreux espaces verts. (...) Par son adoption et sa mise en oeuvre, la Ville de Saint-Lambert va de l’avant en tant que ville écoresponsable et résolument tournée vers l’avenir. (extrait du PDD, p.4)

  1. la gestion municipale;
  2. l’efficacité énergétique et les gaz à effet de serre (GES);
  3. La mobilité durable;
  4. l’eau;
  5. les matières résiduelles;
  6. les espaces verts.

La décision de démarrer une telle démarche vient de l’importance, pour la municipalité, d’intégrer des pratiques de DD dans son mode de gestion de manière à assurer une cohérence dans ses interventions, de mobiliser les autres acteurs locaux et de limiter les dépenses grâce à de nouvelles pratiques. En outre et au-delà de la gestion municipale, les intentions derrières ce PDD proviennent d'une volonter de :

  • lutter contre les changement climatique;
  • contrôler les coûts collectifs;
  • être moins dépendant des énergies non renouvelables;
  • préserver la qualité de l'air;
  • encourager une ville active;
  • favoriser la sécurité des piétons et des cyclistes;
  • diminuer la pollustion de l'eau;
  • optimiser la gestion des matières résiduelles;
  • créer des îlots de fraîcheur;
  • améliorer la qualité de vie;
  • favoriser la biodiversité.

Leaders et structure de travail

Les leaders de la démarche de DD de Saint-Lambert sont le Comité de l’environnement, le directeur de la gestion du territoire, le chef de la division de l’environnement formée en décembre 2011 et le Conseil municipal.

Le Comité se réunit mensuellement. Il est constitué de citoyens et relève de la division de l’environnement. Il a un pouvoir de recommandation.

Créée en novembre 2011 au sein de la direction de la gestion du territoire, la division de l’environnement a un pouvoir décisionnel. La direction de la gestion du territoire a également un pouvoir décisionnel et relève de la direction générale. Celle-ci est mandatée par le conseil municipal.

Réalisations et bilan

Des réalisations et actions ont été accomplies dans le cadre de la démarche de DD et de nombreuses autres sont à venir. La démarche n’étant qu’à sa première année, aucun bilan n’a encore été effectué. Les actions accomplies ou en cours se retrouvent dans le Plan d’action de Développement durable de la Ville de Saint-Lambert. En voici quelques exemples selon les axes d'interventions:

La gestion municipale:

  • création d'une Division de l'environnement;
  • formation des décideurs municipaux sur la démarche de développement durable;
  • adoption des méthodes de construction durable pour le centre de loisirs.

L'efficacité énergétique et les gazs à effet de serre (GES)

  • réalisation d’un inventaire des GES;
  • intégration du développement durable dans le règlement de construction :
  • utilisation de la géothermie, de verre écoénergétique au centre de loisirs et d’une membrane pâle pour le toit au centre de loisirs.

La mobilité durable

  • participation aux travaux de l’agglomération afin d’élaborer un plan de mobilité active et de transport de l’agglomération de Longueuil;
  • fermetures de rues ponctuelles à la circulation automobile;
  • formulaire de demande de mesures d’apaisement de la circulation pour les citoyens.

L'eau

  • mise en oeuvre d’un programme d’installation de compteurs d’eau;
  • projet pilote de vente de barils collecteurs d’eau de pluie;
  • construction de bassins de rétention des eaux de ruissellement.

Les matières résiduelles

  • participation au plan directeur de gestion des matières résiduelles;
  • gestion des équipements de récupération dans certains parcs;
  • Collecte du recyclage des industries, commerces et institutions (ICI), collecte des résidus verts 23 fois par année et collecte ponctuelle des déchets domestiques dangereux.

Les espaces verts

  • adoption d’un plan directeur des parcs;
  • imposition de constats d’infraction élevés pour l’abattage non autorisé des arbres;
  • élaboration d’une politique de l’arbre.

Difficultés, leçons et défis à relever

Une des principales difficultés que le Comité de l’environnement a rencontré a été de faire comprendre qu’il est nécessaire d’investir dans l’environnement parce que c’est bénéfique et payant à moyen et long termes.

Les ressources et le potentiel de développement étant limités, des mesures doivent impérativement être entreprises bien avant d’approcher de ces limites, sans quoi les coûts environnementaux, sociaux et économiques se retrouvent augmentés. Il s’agit là d’un défi de premier ordre dans le développement territorial durable.

Conclusion

Le PDD se veut un outil dynamique. Le comité de l’environnement s’assure de son suivi mensuellement lors de rencontre avec l’administration municipale et un bilan et mises à jour sont prévus chaque année. L’exercice se fera publiquement, lors d’un exercice de concertation citoyen.

 

 

Comment citer ce texte ?

PELLETIER, Pierre-Michel. « Le Plan de développement durable de Saint-Lambert : un outil pour l'avenir de la collectivité ». Dans GAGNON, C. (Éd). Guide québécois pour des Agendas 21e siècle locaux, [En ligne] http://www.demarchesterritorialesdedeveloppementdurable.org/ (page consultée le jour mois année).

Pour aller plus loin...

Site de la Ville de Saint-Lambert

Plan de développement durable de la Ville de Saint-Lambert

Dernière modification: 10 juin 2014

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